ON EN DEMANDE BEAUCOUP TROP aux hommes

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ON EN DEMANDE BEAUCOUP AUX HOMMES. AH BON ? FAISONS UN PETIT RETOUR EN ARRIÈRE POUR COMPRENDRE POURQUOI, AUJOURD’HUI, LES HOMMES ONT L’IMPRESSION, À TORT OU À RAISON, QUE LES FEMMES LEUR METTENT LA PRESSION.

En Nouvelle-Calédonie, il n’y a pas si longtemps (une petite quarantaine d’années), la question ne se posait pas. D’ailleurs, les femmes ne demandaient pas grand-chose aux hommes. On ne parlait pas de sexualité et encore moins de plaisir. On le faisait, c’est tout ! À la limite, on évoquait seulement le devoir conjugal. Mais qu’est-ce que c’est que ce fameux « devoir conjugal » ? En fait, c’était l’obligation pour un couple marié de consommer régulièrement son union. En d’autres termes, avoir une relation sexuelle. Ce mot « devoir » signifiait bien obligation ! Heureusement, les choses ont changé et aujourd’hui, toute relation sexuelle non consentie est interdite par la loi, même entre époux. Selon les termes du mariage, ce devoir était établi pour assurer une descendance. La notion de plaisir n’était jamais évoquée. Comme si ces relations sexuelles avaient uniquement pour but de faire des enfants sans savoir si on avait le moindre plaisir. D’ailleurs, personne ne se posait la question ou bien n’osait poser la question. C’est un peu cliché ? Oui, un peu, mais pas tant que ça. Et puis, au début des années 70, vint la fameuse révolution sexuelle ! La liberté sexuelle possible grâce, entre autres, à un moyen de contraception magique : la pilule. Le premier vrai moyen de contraception féminin, qui a permis aux femmes de choisir quand elles seraient mères. Et là, ça a changé la donne initiale ! La liberté sexuelle, d’accord, mais surtout la liberté de choisir que l’acte sexuel ne soit pas uniquement synonyme de maternité. Concrètement, ça change quoi ? Tout ! L’angoisse universelle des femmes : la peur de tomber enceinte… Cette crainte disparait au profit du plaisir. Révolution ! Cela ne veut pas dire que toutes les femmes qui contrôlent leurs grossesses ont du plaisir. Mais toutes sont à sa recherche et aimeraient bien le trouver…

EN QUÊTE DE PLAISIR FÉMININ

L’orgasme féminin, ou le Saint Graal ! À croire que des siècles de frustrations sexuelles féminines se revendiquent là, d’un seul coup. Les femmes d’aujourd’hui veulent tout et tout de suite. Le souci est que ce nouvel appétit féminin est le plus souvent formulé en termes d’efficacité : il n’est question que de performances. Encouragées par le mouvement de libération sexuelle, certaines femmes mettent un point d’honneur à se comporter semblablement aux désirs des hommes. La course à l’orgasme est devenue une priorité, coûte que coûte, en exigeant un peu plus à chaque fois du partenaire. Comme si l’extase devait être la finalité d’une relation sexuelle… Comment exiger dans une relation de partage ? Pourquoi ne pas expliquer à l’autre ce qui va ou ne va pas ? Cela voudrait dire que les hommes devraient deviner le « mode d’emploi » de chaque femme ! Ainsi, certains hommes ont la sensation de détenir entre leurs mains toute la responsabilité d’un rapport sexuel heureux. Du machisme ? Non. Pour beaucoup, ce sentiment est loin d’être agréable et ils s’en passeraient bien. Sylvain raconte : « Quand je sais que je vais faire l’amour, j’ai comme une check-list qui me vient l’esprit : il ne faut rien oublier, un peu comme une recette. Il y a trop de choses à penser en même temps et ça me coupe un peu les moyens... »

IL FAUT, IL FAUT, IL FAUT…

Cette exigence sexuelle ne profite donc pas toujours à ces messieurs. De nombreux hommes désormais doutent d’eux-mêmes. Effrayés par les nouvelles exigences des femmes, ils se renferment dans leur coquille, se cantonnent parfois aux histoires sans lendemain, préfèrent ne pas faire l’amour plutôt que de ne pas assurer ou de ne pas être à la hauteur, ne savent plus ce qu’ils doivent faire ou pas, n’osent pas entreprendre par crainte de se tromper… Tous ces signes peuvent aussi se traduire par une baisse de désir, un trouble de l’érection, etc. Comme Romain : « Ça me fait stresser. Dans le fond, c’est assez sexiste cette représentation qui veut que la relation sexuelle repose sur nous. Moi, j’aime bien les femmes qui prennent aussi des initiatives. »

Thierry précise : « Il faut savoir mettre une capote, il faut avoir un sexe de bonne taille, il faut avoir de bons pectoraux, il faut donner du plaisir à sa partenaire, et il ne faut pas jouir trop vite. Et puis, il y a ces contradictions : il faut être sauvage et viril, mais aussi doux et attentionné… » Sans oublier ces préjugés totalement erronés que les femmes ont sur les hommes : « Un homme a toujours envie », « Il doit avoir une érection s’il m’aime ! »… Cette confusion entre amour et désir est source de conflit. Non seulement la parole des femmes s’est libérée, mais elle s’autorise même parfois à être cruelle : « Mais qu’est-ce que tu veux que je fasse avec ça ? », ou encore « Pas de bol, je suis tombée sur un impuissant ». Ce type de réflexion n’arrange rien, bien au contraire. « Il y a une exigence de réussite qui pèse sur nous pour tout. Il faut être un “winner”’ dans tous les domaines, y compris sexuel. Moi, ça ne me plaît pas », avoue Hugo, jeune trentenaire. Alors oui, on en demande beaucoup aux hommes ! Et certains messieurs pensent ne plus être assez performants. En fait, ils ne savent simplement pas comment faire pour répondre aux exigences de leur compagne. Moralité, dans le sexe, la notion de performance est à bannir. Chacun des partenaires peut donner et prendre du plaisir dans l’échange et le partage. Et ce n’est en aucun cas une compétition !



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