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Paternité : 3 questions à la psychologue Catherine Sellenet

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Quelle est aujourd’hui la place des pères dans la société, alors même qu’ils inventent une nouvelle façon de paterner ? Réponses de Catherine Sellenet, sociologue et psychologue, auteur de Les pères vont bien*.

Qui sont ces fameux « nouveaux papas » ?

Catherine Sellenet : Avec l’expression « nouveaux pères », la société a voulu nommer un changement, l’émergence d’hommes qui n’hésitaient pas à emmener leur enfant au square, à le porter en kangourou, à donner le biberon… Ce phénomène n’est pas si nouveau que cela puisqu’il a débuté dans les années 80. Les psychologues formulaient alors des interrogations folles sur les problèmes d’identité sexuelle et de démasculinisation que cela pourrait engendrer chez les enfants de ces pères plus présents que les autres, les « papas poules ».

Quelle est aujourd’hui la place des pères dans la société ?

Catherine Sellenet : Nous pouvons sciemment nous interroger sur la difficulté d’être père dans une société qui pense encore l’éducation des enfants en s’adressant de façon privilégiée aux mères, sur la place faite aux pères dans les institutions et lors des séparations, pour que les liens père-enfant ne soient pas mis à mal. Comment rester père quand on est loin de ses enfants et faire en sorte que les nouveaux compagnons ne substituent pas aux pères ? Depuis Jean-Jacques Rousseau, les mères disposent de pléthore de manuels pour les aider. Or, il n’existe quasiment rien pour les pères. Les pages sur le rôle du père ne sont apparues que très récemment dans le livre de Laurence Pernoud** par exemple. Quand un père s’occupe de son enfant, il n’est pas une mère bis, il paterne. Les papas d’aujourd’hui doivent inventer un nouveau modèle et prendre une nouvelle place.

Cette implication des pères dans l’éducation fait-elle évoluer tout le schéma familial ?

Catherine Sellenet : On peut supposer que les mères se satisfont d’être davantage aidées dans le partage de l’éducation des enfants. Les rôles bougent dans une société où les femmes travaillent autant que les hommes et de nombreux pères n’attendent plus d’être autorisés par leur femme pour prendre place auprès de leur enfant. Mais nous sommes encore loin du phénomène de la double journée pour les pères !


* Aux Éditions Flammarion

** J’élève mon enfant, Éditions Horay.


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