Materner : une conduite qui, à la longue, n’est pas sans risque pour le couple.

Materner : une conduite qui, à la longue, n’est pas sans risque pour le couple.

"Tu n’es pas ma mère !"

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« Prends un pull chéri, il ne fait pas chaud aujourd’hui », « Tu ne devrais pas te resservir du dessert... » C’est plus fort que nous, on se comporte comme une vraie maman avec notre homme. Une conduite qui, à la longue, n’est pas sans risque pour le couple.

Mères poules, parfois étouffantes ou encore intrusives, certaines d’entre nous ont du mal à couper le cordon… avec leur Jules. Tour à tour inquiète, protectrice ou autoritaire, on endosse un rôle qui n’est pas toujours sans danger. Car si dorloter son chouchou tout malade ou le soutenir dans un moment difficile va de soi, le materner au quotidien n’est pas une bonne chose !

Mère étouffante

Bien intentionnée sans doute, on lui donne des conseils comme si c’était un enfant de dix ans : « Tu devrais manger plus de légumes », « Tu te couches trop tard », etc. On le bichonne, on lui évite les contrariétés. C’est normal, les hommes restent longtemps des petits garçons ! C’est du moins ce qu’on nous répète depuis toujours, à nous les femmes. À nous donc de les chouchouter et de s’assurer qu’ils ne manque de rien, telle une bonne petite maman.

Le risque: si l’attitude maternante paraît légitime, elle n’est pas sans effet pervers. À trop vouloir préserver et assister, on entretient l’autre dans ses difficultés. L’excès de maternage étouffe. Il maintient Chouchou dans une dépendance, qui ne lui laisse ni la possibilité de s’autonomiser ni d’affirmer sa virilité. À la longue, le couple va régresser.

Conseil : le besoin de s’occuper de lui doit prendre une forme plus mature, comme la tendresse, sans forcément gommer l’aspect sexué de la relation. On peut donc le materner, mais de façon ponctuelle, s’il est malade ou déprimé. Et on arrête de tout lui laisser passer par peur du conflit, pourtant structurant dans un couple.

Mère castratrice

On choisit tout pour lui, on critique s’il ose prendre des initiatives... « C’est un enfant, il faut  toujours être derrière lui, sinon il fait tout mal. » Bref, on ne lui laisse pas vraiment d’autonomie ni de libre-arbitre. Et on se comporte telle une mère intrusive, qui ne fait aucune confiance à son enfant. Castratrice, nous ? Peut-être bien...

Le risque : se montrer intrusive n’est pas épanouissant pour la relation, dans le sens où l’on exerce une sorte de pouvoir sur l’autre. Ce qui exclut d’emblée la notion d’égalité dans le couple car Jules a toujours l’impression d’être surveillé et contrôlé. Au bout du compte, à force de renier son identité d’homme, il risque soit de déprimer, soit de se révolter (et nous quitter...). Sans oublier que le maternage n’est pas franchement émoustillant : on ne désire pas sa maman !

Conseil : il faut accepter de lâcher du lest. On a tout à gagner à accorder plus de confiance à notre chéri, même s’il ne fera pas les choses exactement telles qu’on le souhaitait. En plus, ne plus prendre tout en charge nous permet de souffler tout en laissant l’Homme s’en sortir par lui-même. Résultat : moins de tension dans le couple et plus de temps pour nous !

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© Getty Image

Mère poule

Avec la naissance de Junior, on se retrouve à pouponner bébé et… Chouchou. En plein « baby-attitude », on a envie de materner tout ce qui bouge, notre chéri y compris ! On se place alors en « gardienne du foyer », en mère nourricière, dont dépend l’équilibre familial.

Le risque : se transformer en maman poule avec son homme n’est pas sans danger. Ne se sentant plus investi en tant qu’adulte et amant, notre homme risque de se sentir désavoué, non désiré et donc indésirable. Jusqu’à peut-être éprouver le besoin de vérifier son pouvoir de séduction sur d’autres femmes...

Conseil : bien qu’étant la mère de son enfant (et donc forcément formidable !), il est important de rapidement retrouver son rôle de femme auprès de son homme. Pour cela, on prend soin de soi pour rester désirable et on n’hésite pas à faire garder bébé de temps en temps pour profiter exclusivement l’un de l’autre.

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© Shutterstock


D’où vient le besoin de materner ?

Réponse de Jean-Paul Mialet, psychiatre et auteur de Sex Aequo, aux Éditions Albin Michel.

Celle qui, dans l’enfance, n’a pas eu son compte d’affection, risque à l’âge adulte d’être très maternante. Elle ne peut concevoir les relations que sous « perfusion affective ». Infantiliser son partenaire lui permet d’entretenir une dépendance rassurante. Et cette relation lui donne le beau rôle : elle est celle qui sait, qui est responsable. Une attitude trop enveloppante a souvent pour origine une volonté de prendre le contrôle. C’est donc une forme d’emprise sur l’autre.

La solution à long terme est que chacun « grandisse » de son côté, éventuellement en travaillant avec un thérapeute son besoin inconscient de vivre des relations infantilisantes. Tant que ce besoin persiste, on peut rejouer indéfiniment le même scénario. Changer de partenaire n’est pas une solution, car il n’est pas rare de voir des maternés dans un couple devenir maternants dans un autre.

Une appli pour se (re)découvrir

Après un an de test sur une version bêta, « Happy Couple » vient de se lancer. Créée par deux français et deux américaines, l’application permet à un nouveau couple de se découvrir dans les moindres détails, ou d’apprendre à un couple à se redécouvrir après une relation déjà entamée. Homme et femme doivent répondre quotidiennement à des questions créées par des psychologues portant sur six thèmes : sexualité, responsabilités, communication, loisirs, émotions et personnalité.

Les réponses sont ensuite envoyées au partenaire. Si ce dernier n’est pas d’accord avec la réponse de sa compagne, une fenêtre de discussion apparaît pour discuter de ce désaccord. « Happy Couple » propose également des conseils et des défis simples pour pimenter sa vie de couple. Bien sûr, cette application amusante n’est pas à prendre trop au sérieux ! La clé d’un couple est certes la communication, mais réelle, et non via un smartphone.

Disponible gratuitement sur Google Play, l’Apple Store et Windows Store.


Sources : Doctissimo, Elle, Biba



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