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La barrière de corail dans son salon

La barrière de corail dans son salon
Recréer un morceau de lagon chez soi nécessite une grande technicité et surtout d’être passionné.
 

Les aquariums d’eau de mer sont réservés aux vrais passionnés d’aquariophilie. Plus techniques, plus chers, ils nécessitent une excellente connaissance du milieu et beaucoup de patience. Et ils ne sont rien sans leurs coraux. Le point sur ces animaux si beaux et si fragiles.

 

Sur le Caillou, on les connaît fluorescents. En patates. En barrière. Les coraux font la renommée de la Nouvelle-Calédonie à l’international. Mais les garder en captivité, voilà un réel défi que seuls de vrais passionnés peuvent se permettre de tenter. Avoir un aquarium d’eau de mer, c’est essayer de reproduire un écosystème et de le faire aussi bien que dans le milieu naturel. « Si le milieu est bien maintenu, certains animaux peuvent même y vivre plus longtemps que dans leur environnement naturel, car il n’y a ni prédation, ni pollution, ni risques humains », définit Aurélien François, aquariologiste spécialisé dans les bacs d’eau salée. Le corail est un animal, le polype, qui vit en symbiose avec une algue, la zooxanthelle. L’un ne vit pas sans l’autre. Le premier se nourrit de plancton, la seconde de lumière, grâce à la photosynthèse. « Cette belle symbiose peut malheureusement être mise à mal par différents facteurs », prévient le spécialiste. Cinq paramètres doivent être surveillés constamment : le brassage de l’eau, sa salinité et sa qualité, la température et la lumière. L’animal est fragile et n’aime pas le changement.

Commencer et équilibrer

Si on veut un récif à la maison, de nombreuses choses sont à respecter. On ne va pas sur la barrière avec sa petite pioche cueillir un corail, puis le poser nonchalamment dans son bac rempli d’eau salée. Cela ne va pas fonctionner. D’autant que toute collecte de coraux, morts ou vivants, est interdite. Tout d’abord, on met son aquarium en eau, et on l’équilibre. Avec de l’eau propre, non polluée, et filtrée. L’Aquarium des Lagons offre de l’eau de mer filtrée aux amateurs. Commence alors la grande aventure de la vie en aquarium. Avec des pierres vivantes. Une roche, ramassée dans le milieu naturel (par un professionnel agréé) et colonisée par des microorganismes nécessaires à la bonne tenue du bassin. « Une bonne pierre vivante, c’est un bon aquarium d’eau de mer à venir, c’est la base », affirme Aurélien François. S’y trouvent algues, invertébrés, bactéries. Les pierres vivantes vont créer le décor du réservoir et servir de support aux coraux. « Il faut ensuite laisser tourner votre aquarium pendant un mois juste avec les pierres vivantes. Plein de petits organismes vont se multiplier, et tout cela va renforcer l’équilibre. » Une fois l’environnement recréé, place aux jolis coraux. Bien sûr, il faut avoir prévu la pompe de brassage, la rampe de leds à la bonne température (entre 12 000 et 20 000 °Kelvin), le système de refroidissement qui maintiendra la température idéale 24 heures sur 24 (entre 24 et 27 °C), et, enfin, un système de filtration parfaitement adapté : le système mécanique, avec des mousses, et le système biologique avec des supports bactériens qui permettent la nitrification des matières néfastes (ammoniaque, nitrite). Puis il faudra penser à vérifier la salinité avec un densimètre et à changer environ un quart à un tiers du volume d’eau chaque mois.

Quels coraux choisir ?

Il est temps d’investir dans les premiers polypes. Mais lesquels ? « Les coraux mous sont plus faciles à maintenir en aquarium, ils sont parfaits pour les débutants. » Dans les coraux mous, on trouve deux familles : les Hexacorallia, « cousins des anémones », dont les discosoma et les zoanthus. « Comme les anémones, ils récupèrent les déchets des poissons et la nourriture qui n’a pas été mangée. La différence, c’est qu’ils ne se déplacent pas. » Puis les Octocorallia mous, « les cousins des coraux à squelette calcaire », précise le professionnel, dont les sarcophytons et les sinularia. « Ils sont très jolis, et en plus, le sarcophyton peut servir de support pour certains poissons-clowns. » Puis viennent les coraux durs, plus sensibles aux cinq facteurs cités plus haut, et plus difficiles à contenter au niveau nourriture, bien qu’Aurélien François rassure : « Les coraux en aquarium se nourrissent avant tout de lumière, donc, normalement, il n’est pas vraiment nécessaire de les nourrir, surtout si vous changez l’eau fréquemment. Cela leur apporte les minéraux dont ils ont besoin. Malgré tout, si vous souhaitez qu’ils se développent mieux, il existe des produits en animalerie. »

Le graal de l’aquariophile

Dans les coraux durs, ceux qui construisent un squelette calcaire, l’aquariologiste différencie ici aussi deux groupes : les durs à gros polypes, pour commencer. Avec par exemple le cynarina ou le trachyphyllia. Ce sont les fluorescents. « Ils vivent dans les eaux turbides et sont donc moins sensibles à la pollution, on peut les maintenir en aquarium. » Puis les durs à petits polypes, « c’est un peu le graal des aquariophiles, ils sont très difficiles à maintenir ». Le spécialiste distingue ici encore deux sous-groupes : les coraux massifs, qui forment une sorte de boule, comme les favidés ou les porites. « Ce sont ceux qui construisent les récifs, ils vivent plutôt bien en aquarium. » Puis viennent enfi n les branchus, comme l’acropora, le plus connu. « C’est compliqué de maintenir un acropora en milieu artifi ciel, notamment en Nouvelle-Calédonie où il va passer quasiment directement du lagon à l’aquarium, car il est très sensible aux changements. Il faut vraiment avoir des paramètres au top. Il faut recréer les conditions pour que l’aquarium soit réellement un mini lagon », détaille Aurélien François.

La cohabitation

Les coraux ont certes besoin d’une eau de très bonne qualité, d’une température parfaite et d’une lumière idéale, mais ils ont également besoin de petits voisins. Les animaux bénéfi ques : les invertébrés comme certaines étoiles de mer, des oursins, des mollusques, des crevettes, des bêches de mer. Mais aussi des poissons comme les chirurgiens, les gobies ou certaines blennies. « Les coraux mous vont mieux s’en sortir en cohabitation avec les poissons, mais les coraux durs peuvent être fragiles, notamment avec des perroquets, des gros poissons anges, des poissons ballons qui sont à proscrire. » Enfi n, les algues fi lamenteuses « sont les concurrentes directes des coraux », il est donc essentiel d’avoir des organismes qui s’en délectent. Maintenant, installez votre siège préféré devant votre aquarium et admirez la grande barrière de corail dans votre salon. Ou bien passez votre baptême de plongée.

CE QUE DIT LA LOI

Le code de l’environnement de la province Sud interdit toute collecte ou tout prélèvement de faune, fl ore ou minéraux, sur terre comme dans la mer, même morts, sauf demande de dérogation exceptionnelle. Les coraux vivants, comme morts, sont donc concernés, il n’est pas autorisé de les ramasser toute l’année. D’autant plus qu’ils font partie d’un écosystème protégé : on ne doit pas marcher dessus, y jeter l’ancre..., les abîmer en somme. Il faut donc se fournir auprès de professionnels agréés, très peu nombreux sur le Caillou, ou dans une animalerie.

Les anémones

anemones

Si on a des coraux, pourquoi ne pas avoir des anémones ? Mais celles-ci ne font pas toujours bon ménage avec les coraux, et même avec les poissons. Voici quelques astuces de l’aquariologiste : « La différence entre les anémones et le corail mou, c’est qu’elles se déplacent. Étant donné qu’elles sont urticantes, elles peuvent brûler les coraux. » Aurélien François préconise donc de placer l’anémone avant d’installer les coraux. « Elle va trouver s on endroit et, une fois stabilisée, vous pourrez mettre vos coraux. L’anémone se maintient bien en aquarium, et on peut la nourrir avec de la chair. Et puis c’est super joli une anémone avec son poisson-clown ! » Le professionnel des aquariums d’eau de mer prévient encore : « Une anémone peut obstruer un fi ltre, se faire découper par les pales de la pompe, ou même devenir envahissante et ainsi limiter la croissance de certains coraux. Attention à bien choisir votre espèce d’anémone car quelquesunes d’entre elles, bien que magnifi ques, peuvent engloutir certains de vos pensionnaires ou ne pas correspondre à votre poisson-clown ! »

 

Sur le Caillou, on les connaît fluorescents. En patates. En barrière. Les coraux font la renommée de la Nouvelle-Calédonie à l’international. Mais les garder en captivité, voilà un réel défi que seuls de vrais passionnés peuvent se permettre de tenter. Avoir un aquarium d’eau de mer, c’est essayer de reproduire un écosystème et de le faire aussi bien que dans le milieu naturel. « Si le milieu est bien maintenu, certains animaux peuvent même y vivre plus longtemps que dans leur environnement naturel, car il n’y a ni prédation, ni pollution, ni risques humains », définit Aurélien François, aquariologiste spécialisé dans les bacs d’eau salée. Le corail est un animal, le polype, qui vit en symbiose avec une algue, la zooxanthelle. L’un ne vit pas sans l’autre. Le premier se nourrit de plancton, la seconde de lumière, grâce à la photosynthèse. « Cette belle symbiose peut malheureusement être mise à mal par différents facteurs », prévient le spécialiste. Cinq paramètres doivent être surveillés constamment : le brassage de l’eau, sa salinité et sa qualité, la température et la lumière. L’animal est fragile et n’aime pas le changement.

Commencer et équilibrer

Si on veut un récif à la maison, de nombreuses choses sont à respecter. On ne va pas sur la barrière avec sa petite pioche cueillir un corail, puis le poser nonchalamment dans son bac rempli d’eau salée. Cela ne va pas fonctionner. D’autant que toute collecte de coraux, morts ou vivants, est interdite. Tout d’abord, on met son aquarium en eau, et on l’équilibre. Avec de l’eau propre, non polluée, et filtrée. L’Aquarium des Lagons offre de l’eau de mer filtrée aux amateurs. Commence alors la grande aventure de la vie en aquarium. Avec des pierres vivantes. Une roche, ramassée dans le milieu naturel (par un professionnel agréé) et colonisée par des microorganismes nécessaires à la bonne tenue du bassin. « Une bonne pierre vivante, c’est un bon aquarium d’eau de mer à venir, c’est la base », affirme Aurélien François. S’y trouvent algues, invertébrés, bactéries. Les pierres vivantes vont créer le décor du réservoir et servir de support aux coraux. « Il faut ensuite laisser tourner votre aquarium pendant un mois juste avec les pierres vivantes. Plein de petits organismes vont se multiplier, et tout cela va renforcer l’équilibre. » Une fois l’environnement recréé, place aux jolis coraux. Bien sûr, il faut avoir prévu la pompe de brassage, la rampe de leds à la bonne température (entre 12 000 et 20 000 °Kelvin), le système de refroidissement qui maintiendra la température idéale 24 heures sur 24 (entre 24 et 27 °C), et, enfin, un système de filtration parfaitement adapté : le système mécanique, avec des mousses, et le système biologique avec des supports bactériens qui permettent la nitrification des matières néfastes (ammoniaque, nitrite). Puis il faudra penser à vérifier la salinité avec un densimètre et à changer environ un quart à un tiers du volume d’eau chaque mois.

Quels coraux choisir ?

Il est temps d’investir dans les premiers polypes. Mais lesquels ? « Les coraux mous sont plus faciles à maintenir en aquarium, ils sont parfaits pour les débutants. » Dans les coraux mous, on trouve deux familles : les Hexacorallia, « cousins des anémones », dont les discosoma et les zoanthus. « Comme les anémones, ils récupèrent les déchets des poissons et la nourriture qui n’a pas été mangée. La différence, c’est qu’ils ne se déplacent pas. » Puis les Octocorallia mous, « les cousins des coraux à squelette calcaire », précise le professionnel, dont les sarcophytons et les sinularia. « Ils sont très jolis, et en plus, le sarcophyton peut servir de support pour certains poissons-clowns. » Puis viennent les coraux durs, plus sensibles aux cinq facteurs cités plus haut, et plus difficiles à contenter au niveau nourriture, bien qu’Aurélien François rassure : « Les coraux en aquarium se nourrissent avant tout de lumière, donc, normalement, il n’est pas vraiment nécessaire de les nourrir, surtout si vous changez l’eau fréquemment. Cela leur apporte les minéraux dont ils ont besoin. Malgré tout, si vous souhaitez qu’ils se développent mieux, il existe des produits en animalerie. »

Le graal de l’aquariophile

Dans les coraux durs, ceux qui construisent un squelette calcaire, l’aquariologiste différencie ici aussi deux groupes : les durs à gros polypes, pour commencer. Avec par exemple le cynarina ou le trachyphyllia. Ce sont les fluorescents. « Ils vivent dans les eaux turbides et sont donc moins sensibles à la pollution, on peut les maintenir en aquarium. » Puis les durs à petits polypes, « c’est un peu le graal des aquariophiles, ils sont très difficiles à maintenir ». Le spécialiste distingue ici encore deux sous-groupes : les coraux massifs, qui forment une sorte de boule, comme les favidés ou les porites. « Ce sont ceux qui construisent les récifs, ils vivent plutôt bien en aquarium. » Puis viennent enfi n les branchus, comme l’acropora, le plus connu. « C’est compliqué de maintenir un acropora en milieu artifi ciel, notamment en Nouvelle-Calédonie où il va passer quasiment directement du lagon à l’aquarium, car il est très sensible aux changements. Il faut vraiment avoir des paramètres au top. Il faut recréer les conditions pour que l’aquarium soit réellement un mini lagon », détaille Aurélien François.

La cohabitation

Les coraux ont certes besoin d’une eau de très bonne qualité, d’une température parfaite et d’une lumière idéale, mais ils ont également besoin de petits voisins. Les animaux bénéfi ques : les invertébrés comme certaines étoiles de mer, des oursins, des mollusques, des crevettes, des bêches de mer. Mais aussi des poissons comme les chirurgiens, les gobies ou certaines blennies. « Les coraux mous vont mieux s’en sortir en cohabitation avec les poissons, mais les coraux durs peuvent être fragiles, notamment avec des perroquets, des gros poissons anges, des poissons ballons qui sont à proscrire. » Enfi n, les algues fi lamenteuses « sont les concurrentes directes des coraux », il est donc essentiel d’avoir des organismes qui s’en délectent. Maintenant, installez votre siège préféré devant votre aquarium et admirez la grande barrière de corail dans votre salon. Ou bien passez votre baptême de plongée.

CE QUE DIT LA LOI

Le code de l’environnement de la province Sud interdit toute collecte ou tout prélèvement de faune, fl ore ou minéraux, sur terre comme dans la mer, même morts, sauf demande de dérogation exceptionnelle. Les coraux vivants, comme morts, sont donc concernés, il n’est pas autorisé de les ramasser toute l’année. D’autant plus qu’ils font partie d’un écosystème protégé : on ne doit pas marcher dessus, y jeter l’ancre..., les abîmer en somme. Il faut donc se fournir auprès de professionnels agréés, très peu nombreux sur le Caillou, ou dans une animalerie.

Les anémones

anemones

Si on a des coraux, pourquoi ne pas avoir des anémones ? Mais celles-ci ne font pas toujours bon ménage avec les coraux, et même avec les poissons. Voici quelques astuces de l’aquariologiste : « La différence entre les anémones et le corail mou, c’est qu’elles se déplacent. Étant donné qu’elles sont urticantes, elles peuvent brûler les coraux. » Aurélien François préconise donc de placer l’anémone avant d’installer les coraux. « Elle va trouver s on endroit et, une fois stabilisée, vous pourrez mettre vos coraux. L’anémone se maintient bien en aquarium, et on peut la nourrir avec de la chair. Et puis c’est super joli une anémone avec son poisson-clown ! » Le professionnel des aquariums d’eau de mer prévient encore : « Une anémone peut obstruer un fi ltre, se faire découper par les pales de la pompe, ou même devenir envahissante et ainsi limiter la croissance de certains coraux. Attention à bien choisir votre espèce d’anémone car quelquesunes d’entre elles, bien que magnifi ques, peuvent engloutir certains de vos pensionnaires ou ne pas correspondre à votre poisson-clown ! »

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