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Au boulot (aussi), passez en mode "slow"

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Bien que convaincues de l’intérêt du low poo sans sulfate et du buddha bowl bio, vous vous demandez surtout comment aborder l’autre facette la plus chronophage de l’existence : le travail...

Slow work

Les nouvelles technologies ont entraîné des mutations inévitables et les sociologues sont formels : si on comptabilise les temps de trajets professionnels et le vélo qui nous tourne dans la tête quand on n’est pas au bureau, nous consacrons de plus en plus d’heures au travail... Pour que ces heures passées au boulot vaillent aussi la peine d’être vécues, il faut leur donner du sens.

Step by step

La première règle du slow work consiste à abattre les tâches les unes après les autres, c’est-à-dire à effectuer une seule action à la fois. Il suffirait donc de se concentrer, de mettre en place des stratégies pour éviter d’être dérangée, en s’isolant et en se déconnectant quelques heures. L’ordonnance de docteur Slow préconise de se fixer de petits objectifs intermédiaires, prioritaires et réalisables, puis de s’octroyer de vraies pauses pour rester efficace.

Mais ça, c’est quand tout va bien et qu’on est « juste » débordée. En burn out ou bore-out, des patients arrivent brûlés, vidés, épuisés dans les cabinets des médecins. Être sur-utilisé ou sous-utilisé dans son job génère autant de stress et peut mener à l’épuisement professionnel, un état qui affecte réellement notre santé et impacte nos proches.

Une attention positive

Le docteur Serge Marquis, spécialiste en santé communautaire,  pose un diagnostic de bon sens et délivre une ordonnance plutôt efficace. Il conseille de placer son attention sur le vivant et le positif, pas sur ce qui est noir. Pour développer  cette « attention », il suffit de repérer ce petit vélo qui tourne en rond pour lui faire prendre une autre direction : bien souvent, au lieu de profiter de sa pause, on tente de planifier le travail en se lamentant sur l’ampleur de la charge, on se refait le film de la dernière réunion chaotique... « J’y arriverai jamais, j’ai été nul, c’est fichu... » Stop ! Pas de digression négative ! Une petite discipline s’impose pour ne plus se laisser glisser mais, avec un peu d’entraînement, ça marche !

Pour que la pause redevienne un moment de détente, encore faut-il pouvoir ressentir du contentement, le fameux sentiment du travail accompli. Achever quelque chose est donc primordial, sinon la fatigue, relative comme le temps, ne disparaît jamais vraiment. Pour y arriver, on fait des choix puis on se concentre sur ce qu’on a accompli.

La minute de calme profond

Pour un repos vraiment réparateur, il faut aussi se débrancher complètement sinon le cerveau finit par ne plus faire la différence entre les broutilles et les vraies menaces, et là, c’est le bug assuré. Même une minute de temps en temps, de tous petits moments de calme profond permettent de se déconnecter pour pouvoir ensuite repasser à l’action. « Faîtes le vraiment, insiste Serge Marquis. C’est une révolution pour combattre le stress. » Ses exercices sont simplissimes : Le matin, sur le dos, les paumes tournées vers le plafond, respirez par le ventre en plaçant votre attention sur le souffle, juste une minute. Même chose au coucher, focalisez-vous sur la sensation agréable du corps qui se détend au contact du lit. En cas de grosse montée de stress, expirez en comptant jusqu’à cinq plusieurs fois.

​Pour canaliser son esprit pendant les exercices de respiration, on peut aussi se concentrer sur la flamme d’une bougie qui vacille ▼▼▼

 

Le sens du lâcher prise

Dans les situations extrêmes qui durent, on se concentrera sur les pistes d’action possibles, pour retrouver l’équilibre entre le défi - la recherche de son potentiel - et ses limites, c’est-à-dire sa dignité. On fait de la place dans son agenda pour se remettre en mouvement pendant son temps libre, c’est la première étape pour retrouver une direction, un intérêt, bref la flamme. Nager, peindre, randonner, parler avec un ami, jardiner avec ses enfants, tout sauf l’immobilisme et la rumination. Les changements arrivent quand on ne s’y attend pas et la créativité ne peut émerger que si on lui laisse un peu d’espace.

Si rien ne se débloque malgré nos efforts, c’est le moment de lâcher-prise.

 Arrêter de résister ne signifie pas abandonner, explique le docteur Serge Marquis. Au contraire, cela demande beaucoup de courage de respecter sa dignité. S’arrêter, reculer ou changer de chemin... Ou juste accepter, tout simplement, qu’on se trouve dans une situation qu’on ne peut pas changer pour le moment. (...) Une grande partie de la souffrance humaine, on se l’inflige à nous-mêmes et elle est inutile. C’est la non-acceptation de ce qui est. 

Et d’ajouter qu’il faut ré-harmoniser notre rapport au temps et surtout aux autres, valoriser l’entraide et la reconnaissance mutuelle.



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