La peur des enfants, des maux à ne pas sous-estimer.

La peur des enfants, des maux à ne pas sous-estimer.

Comprendre les peurs de nos enfants

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Peur des loups, des monstres, du noir... les enfants connaissent tous la peur ! Craintes fondées ou imaginaires, il est important de toujours les prendre au sérieux.

La peur est une émotion primaire indispensable à la survie de l’individu et de l’espèce. À l’instar des adultes, les enfants sont en proie à des peurs diverses d’intensité variable. Les unes relèvent de l’imaginaire (les loups, les fantômes, etc.) ; les autres sont ancrées dans la réalité de la vie. Elles se réfèrent alors à des concepts tels que la mort ou la maladie.

La plupart de ces peurs témoignent du développement de l’imaginaire de l’enfant et de sa compréhension du monde. En cela, elles sont normales et utiles. Parfois, cependant, elles deviennent intenses et persistantes, dérivant vers un trouble anxieux. Dans ce cas, elles perturbent la vie quotidienne de l’enfant et de sa famille et, non résolues, hypothèquent son équilibre, sa vie sociale, sa scolarité et même son avenir à l’âge adulte. D’où le rôle d’accompagnement essentiel des parents tout au long de ce cheminement.


D’où viennent les peurs ?

Il existe trois origines principales aux peurs infantiles :

Les peurs « classiques », qui apparaissent et disparaissent au rythme du développement de l’enfant.

Les fantômes, le noir, les orages. Chaque enfant connaîtra un jour ces peurs, appelées « peurs transitoires », à des degrés variables. C’est un passage obligatoire, marquant des étapes dans le développement de l’enfant. Courantes à un certain âge, ne les prenez pas non plus à la légère ! Elles peuvent empêcher l’enfant d’avancer et le faire souffrir.

Les peurs acquises : elles peuvent être une réelle source de souffrance, renvoyant généralement à une situation déjà vécue par l’enfant. Elles sont dues à un choc, à un événement traumatisant ou effrayant dont votre enfant a pu être témoin ou victime, et peuvent laisser des souvenirs durables : un accident, une dispute familiale violente, un examen brutal d’un pédiatre, etc. Tentez de trouver les mots justes pour le rassurer et n’hésitez pas à vous adresser à un professionnel si vous vous sentez impuissante.

Les peurs « copiées » : les enfants, éponges à émotions, ont une fâcheuse tendance à reproduire les attitudes des parents. Votre réaction de panique totale devant une araignée risque de provoquer la même peur chez votre enfant. De même, faites attention à ne pas leur communiquer vos propres angoisses : peur du regard des autres, de la séparation, de la maladie, de la mort, etc.

À chaque âge sa peur

De 0 à 3 mois : peur des bruits soudains, peur de tomber.

De 3 mois à 1 an : angoisse de séparation, peur des étrangers, peur de l’abandon, peur des bruits.

À 18 mois : peur des monstres, peur du noir.

De 2 à 4 ans : peurs passagères (gros animaux, créatures imaginaires, clowns, orages…).

De 4 à 6 ans : peurs spécifiques (insectes, maladie, médecins, eau, vide…).

Jusqu’à la puberté : peur des catastrophes naturelles ou de la guerre, après avoir vu des images d’actualités troublantes à la télévision ; peurs sociales (être rejeté à l’école, prendre la parole en public, etc.).

EN VIDÉO | Les peurs qui font grandir - La Maison des Maternelles


 

EN RESUMÉ | Quelques pistes pour vous aider 


►  Prenez au sérieux la peur de votre enfant, sans le ridiculiser ni le gronder. Même si elle est irraisonnée ou semble anodine, la peur est réelle. Si votre enfant est bouleversé, réconfortez-le calmement en le tenant dans vos bras et rassurez-le en lui disant que tout ira bien.

►  Aidez votre enfant à apprivoiser sa peur, graduellement. Parlez-en avec lui, afin qu’il apprenne à y faire face, puis arrive tranquillement à la surmonter. Allez à son rythme et ne le forcez pas à l’affronter. S’il est bouleversé, réconfortez-le calmement en le tenant dans vos bras et rassurez-le en lui disant que tout ira bien

Renforcez son courage. Rappelez-lui des situations où il n’a pas peur ou d’autres où il a réussi à vaincre sa peur.

 Décodez ses signaux de peur. Sans les nommer, votre enfant peut montrer qu’il a peur lorsqu’il se cache, qu’il ferme les yeux, etc.

  Favorisez l’expression de ses émotions pour qu’il apprenne à nommer ses peurs. Les mots ont le pouvoir d’affaiblir les émotions négatives et d’aider les jeunes enfants à les maîtriser.

►  Faites le point sur vos propres peurs et réactions. Confiez vos propres peurs infantiles, en prenant soin d’en choisir une autre que la sienne : « Toi, tu as peur des chiens, mais moi, j’avais peur des lapins ! Pourtant, tu vois, les lapins sont gentils, tout comme les chiens. »

  Choisissez bien vos mots. Si, avant de vous rendre chez le dentiste, vous dites : « N’aies pas peur, ça ne fera pas mal ! », vous venez de lui envoyer un message de danger. Préférez plutôt : « Tu verras, le dentiste est très gentil. »

►  Utilisez les jeux, les dessins et les histoires. Si votre bébé a peur de se séparer de vous, faites le jeu du coucou ! C’est un excellent moyen d’apprivoiser son angoisse. Dessiner, peindre ou modeler peut également aider votre enfant à exprimer ses peurs.

►  Continuez à raconter des histoires qui font « peur ». Nul besoin d’évacuer les méchants des histoires. Quand le héros triomphe sur le mal, c’est aussi le triomphe de votre enfant, qui s’est identifié à ce héros tout au long du récit. Il est aussi normal que votre petit redemande la même histoire soir après soir : il est peut-être en train d’apprivoiser sa peur.

 



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