Légende : Les représentantes hawaïenne, australienne, fidjienne, néo-zélandaise, tahitiennes, wallisienne, vanuataise, des îles Cook ou encore calédoniennes lors de la journée d’échange au centre culturel Tjibaou.© TEIKI

Femmes océaniennes, femmes d’influence ?

Partager :

GRAND ANGLE- En septembre dernier, le Pacific Ambassadors Festival a réuni en Nouvelle-Calédonie des ambassadrices de charme des territoires de la zone Pacifique. Durant quelques jours, chacune d’elles a pu prendre part au débat sur la condition féminine. Retour sur l’évènement féminin (mais pas que) de l’année. 

Le Pacific Ambassadors Festival, première rencontre du genre, avait pour but de renforcer les liens entre les territoires en réunissant les femmes du Pacifique lors d’un événement international. À cette occasion, les Miss de Polynésie française, des îles Cook, de Fidji, d’Australie, de Hawaï, de Wallis-et-Futuna ou encore de Vanuatu étaient invitées sur le Caillou. Un projet qui a mûri durant plusieurs années et a débuté par le rapprochement de la Polynésie et de la Nouvelle-Calédonie grâce à la communauté tahitienne présente sur le territoire. Depuis l’élection de Mareva Galanter, la Nouvelle-Calédonie a accueilli différentes Miss Tahiti afin de renforcer des liens intrinsèques.

2

La coutume a précédé la journée d’échange. Vailmalama Chaves, Miss Tahiti avant son couronnement à Miss France s'avance.  © TEIKI

 « Il était nécessaire de mutualiser nos moyens, pour lutter contre l’éloignement, dans cet océan qui nous est si familier, développe Valentine Holle, présidente du Conseil des femmes de la province Sud. Les Miss invitées ont à cœur de soutenir l’émancipation économique des femmes du Pacifique et de promouvoir leur pays grâce à la médiatisation dont elles bénéficient. » Le 25 septembre dernier, elles ont proposé aux Calédoniens une journée consacrée à des débats sur la condition de la femme dans le Pacifique. 

« Vous êtes un kaléidoscope aux couleurs de l’arc-en-ciel »

Les cultures de l'Océanie sont, depuis leurs origines, étroitement liées à leur milieu insulaire. Les liens qui unissent l’Australie, la Mélanésie, la Micronésie et la Polynésie s'expriment tout autant au travers des croyances et des mythes que des savoirs et des pratiques. La femme océanienne a souvent été l'élément fédérateur qui contribue au —bon — développement de la région Pacifique. Elle occupe une place privilégiée dans la culture collective et joue un rôle essentiel dans l’évolution des sociétés océaniennes en garantissant le maintien des valeurs et de l’identité culturelle.

La femme océanienne, actrice économique en devenir

À force d’opiniâtreté, nombreuses sont les femmes à occuper aujourd’hui des postes importants : politiques, médecins, artistes … mais le chemin est encore long. « Vous êtes un kaléidoscope aux couleurs de l’arc-en-ciel », pose Valentine Holle, infatigable présidente. De plus en plus de femmes osent entreprendre, engendrant une image positive, celle de l’émancipation économique des femmes de l’Océanie. L’objectif est de prendre davantage en compte le potentiel que représente l’augmentation de l’entrepreneuriat au féminin dans la création de richesse et d’emploi. Certes, des craintes et des difficultés persistent comme la peur de l’échec ou encore le manque de confiance en soi. Il sera donc nécessaire de mieux préparer les femmes à ces difficultés grâce à une formation adaptée et au développement du « mentorat », sorte d’accompagnement individuel et spécialisé.

3

Emmanuel Tjibaou, directeur de l’ADCK (Agence de développement de la culture kanak), devant Valentine Holle, présidente du Conseil des femmes de la province Sud. © TEIKI

Mieux les accompagner à passer le cap de la réussite

Le Conseil des femmes de la province Sud préconise de s’appuyer davantage sur les réseaux de femmes. Leur donner de l’assurance, c’est également les inciter à l’utiliser ! Priorités de l’entrepreneuriat au féminin, ces axes de travail représentent une première étape : celle de la reconnaissance de leurs atouts. Au-delà de tous les défis, il est primordial que l’émancipation économique des femmes dans le Pacifique soit reconnue dans toutes les classes sociales de la société océanienne ainsi que dans tous les secteurs professionnels en activité. Avec sa méthode de communication « offensive », le forum a ainsi profité du levier médiatique pour faire bouger les lignes.

 

Hinarere Taputu (Miss Tahiti 2014), marraine du Pacific Ambassadors Festival

Hinarere Taputu (Miss Tahiti 2014), marraine du Pacific Ambassadors Festival

« La coutume que nous avons effectuée au préalable donne le ton. Nous venons tous du même environnement. Je suis fière d’être ici en tant qu’ambassadrice et femme de 28 ans car, tout simplement, l’union fait la force. Notre force. Nous venons de créer une plateforme. Elle nous lie et nous oblige à continuer à améliorer le respect de nos droits. Nous ne devons plus parler d’inégalité mais bien de complémentarité ! »

Marie-Astrid Orton (Vanuatu)

Marie-Astrid Orton (Vanuatu)

 « La femme au Vanuatu est plus ou moins de la même condition que la femme kanak. Nous sommes également très réservées. On respecte beaucoup la coutume. J’aimerais contribuer à changer une chose : ne pas avoir honte de s’assumer telle que l’on est dans la rue et ne plus se faire critiquer par les hommes. Je veux être une femme, une femme vanuataise et avoir mon mot à dire. »

Zaira Begg (Miss Fidji)

Zaira Begg (Miss Fidji)

« J’ai choisi d’être ambassadrice pour prendre de l’assurance et avoir confiance en moi. J’ai la chance de promouvoir mes idées ; l’indépendance et l’autonomie de la femme. Toutes, nous jouons un rôle primordial dans notre société océanienne actuelle. Pour moi, si tu éduques les femmes, tu éduques la nation. Nous devons donc, hommes et femmes, aller dans ce sens pour les générations à venir. »

 

 

 



Partager :