© Aude-Emilie Dorion / Fouzia Samalens se définit comme une maman « aimante, fusionnelle et exigeante ».

© Aude-Emilie Dorion / Fouzia Samalens se définit comme une maman « aimante, fusionnelle et exigeante ».

PORTRAIT | Fouzia Samalens, chef d'entreprise

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Elle est issue d’un milieu modeste et a passé sa vie à vouloir le meilleur pour ses enfants. Son leitmotiv ? Le travail. Un défi relevé avec panache par Fouzia Samalens qui mène de front sa vie d’épouse, de mère et de chef d’entreprise.

Sixième d’une fratrie de sept enfants, Fouzia Samalens est arrivée du Maroc en France à l’âge de 3 mois. Après un bac littéraire

pour notre père, maîtriser et avoir un français irréprochable était une obligation pour une bonne intégration,

se souvient-elle – elle s’oriente vers un Deug de sociologie durant lequel elle rencontre Cédric son futur mari. Mais parce qu’il lui « fallait gagner rapidement sa vie », elle change de voie et suit un BTS assistante de direction.

Cédric et Fouzia se marient en 1997 et s’installent à Rouen où nait Adam, leur fils aîné. Lui est professeur de génie civil, elle travaille à La Poste. L’adaptation est difficile et le couple choisit d’être muté en Nouvelle-Calédonie.

Nous pensions y rester quelques années, mais au bout de 15 jours, je me suis dit que j’avais trouvé ce que j’avais toujours cherché : une terre d’accueil.

Culpabilité

Inscrite en agence d’intérim, son profil intéresse et Fouzia enchaîne les missions. A la naissance d’Iman, elle s’interroge sur son avenir professionnel... mais elle n’est pas femme à rester au foyer et accepte un poste chez Goro à Nouméa.

Nous habitions à Plum. Je partais le matin à 5h, revenais à 19h30. Autant dire que je ne voyais pas beaucoup mes enfants, avec la culpabilité qui va avec, 

 concède Fouzia.

Pour autant, elle reconnaît que son épanouissement est toujours passé par le travail.

Une maman épanouie, cela passe par un papa disponible, ce qui a été ma chance, reconnaît-elle. Si je n’avais pas eu le mari que j’ai, disponible, aimant, et finalement très complémentaire de moi, je n’aurais peut-être pas vécu les choses de la même façon. De ce fait, les moments passés avec les enfants étaient précieux, riches en discussion, en activités et en amour. 

Pour améliorer l’ordinaire, le couple Samalens décide en 2009, de créer Batiman, une petite structure proposant aux architectes, constructeurs de villas, etc. de réaliser leur permis de construire. Fouzia en est la gérante et Cédric est chargé de la partie technique.

« Il faut oser »

Alors qu’elle a repris un poste depuis deux ans en qualité de responsable administratrice et financière, Fouzia décide que ce sera le dernier en tant que salariée et se lance à fond dans son entreprise. « Etre à la fois chef d’entreprise et mère de famille est tout à fait compatible, mais il faut savoir s’organiser. Une fois les enfants à l’école ou endormis, je me plongeais dans le boulot. Le reste du temps leur était consacré. »

Dès lors que les enfants deviennent plus autonomes, le couple – Cédric a démissionné de son poste de professeur et travaille désormais avec sa femme – ne compte plus ses heures et développe Batiman. « Nous l’avons fait pour eux, et nous espérons qu’ils connaissent et reconnaissent pleinement la valeur du travail », insiste Fouzia.

Je viens d’un milieu très modeste, d’une culture maghrébine et musulmane où la place de la femme n’est pas toujours reconnue à sa juste valeur, reprend-elle. Mon défi était de montrer que la réussite est à la portée de toutes. On peut tout faire, mais pour cela, il faut oser, être très organisée et être entourée. 

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