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Bigorexie : êtes-vous accro au sport ?

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Dans tous les domaines, les excès sont nocifs. Même les activités physiques, lorsqu'elles sont trop intenses et pratiquées trop souvent, constituent une addiction appelée bigorexie.

Depuis les années 2000, les psychiatres relèvent une hausse des addictions dites « sans substance ». Jeux vidéo, jeux d'argent et autres applis de smartphones nous rendraient de plus en plus accro. Dans cette cohorte de nouvelles addictions, même le sport aurait désormais ses drogués comme le prouve l'émergence d'un tout nouveau trouble du comportement appelé « bigorexie ». Le terme, un néologisme issu du mot anglais big (gros) et du grec orexis (envie, appétit), est désormais une maladie reconnue par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

La course aux endorphines

Les bigorexiques organisent leur quotidien en fonction de leurs activités physiques. Si toutes les couches de la population sont touchées – hommes, femmes de tous âges et classes sociales –, cette maladie frappe davantage les amateurs que les athlètes de haut niveau pour lesquels il est normal de s'entraîner à longueur de journée. Si vous vous dépensez plus d'une heure par jour et plus de dix heures par semaine, vous êtes peut-être concernée. De même, si vous persistez à aller courir alors que vous êtes malade ou si vous préférez aller nager au lieu de déjeuner avec vos collègues, l'excès de sport vous guette. Certaines disciplines seraient en outre plus addictives que d'autres, et notamment toutes les activités dites « d'endurance ». Le footing, le triathlon libèrent des endorphines, ces hormones du plaisir qui procurent, tout comme les drogues, une sensation de bien-être dont il devient difficile de se passer. Les sports en salle, comme le culturisme, peuvent également rendre dépendant, car ils imposent des séances d'entraînement très strictes.

À la recherche de la perfection

La bigorexie trouve plusieurs origines. Les malades peuvent s'entraîner pour des raisons esthétiques voire narcissiques, cherchant à devenir toujours plus musclés, toujours plus forts, toujours plus beaux. Le culte de soi peut aussi provenir d'un stress, d'une image qui ne les satisfait pas et les contraint à se perfectionner. En quête d'une meilleure estime d'eux-mêmes, ils tombent alors dans le dangereux cercle vicieux de l'addiction. Quoi qu'il en soit, la bigorexie s'explique surtout par des facteurs psychologiques, la pratique du sport aidant alors le malade à combler un manque affectif ou professionnel. Elle survient d'ailleurs parfois suite à une rupture, un décès ou un licenciement, desquels elle va permettre au sujet de détourner son attention. Le sport devient alors une obsession, un besoin compulsif qui aide à se sentir apaisé de manière instantanée. Mais à quel prix ?

Un frein à la vie sociale

L'activité sportive prend une place disproportionnée dans le quotidien de la victime, au point de détériorer ses vies sociale, familiale, sentimentale et professionnelle. Lorsqu'un imprévu – un anniversaire, une réunion de travail –, contraint le bigorexique à annuler ses exercices, cela provoque en lui un véritable sentiment de déprime, de colère voire de culpabilité. C'est d'ailleurs pourquoi les malades finissent souvent par organiser leur emploi du temps en fonction de leur entraînement, et non l'inverse, ce qui nuit naturellement à leurs relations. L'autre danger de la dépendance au sport est l'épuisement du corps et le risque accru de blessures. Déchirures musculaires, tendinites, fractures osseuses ou infarctus menacent les individus qui se dépensent trop, et nombreux sont ceux qui poursuivent leurs efforts malgré leurs lésions. Cette addiction peut également en amener une autre, plus substantielle : celle, bien chimique, aux anabolisants et aux protéines. 

Que faire ?

Souvent dans le déni, à cause de la connotation positive du sport, les bigorexiques doivent prendre conscience de leur dépendance avant de consulter un psychiatre ou un médecin addictologue et de se soigner. Diversifier ses activités et s'entraîner à plusieurs aide également à se reprendre en main. Surtout, il faut garder en tête que le sport doit rester un plaisir, et non se muer en obsession ni en contrainte.

 

 



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