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Des mesures concrètes pour protéger les victimes de violences

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Le constat est sans appel. Selon la circulaire du ministre de la justice de janvier 2017, les violences au sein du couple, sujet "réputé avoir été longtemps un non-dit de la vie en tribu", ont augmenté de manière significative ces cinq dernières années. Les assises des Outre-mer se sont penchées sur ce phénomène et proposent des pistes concrètes pour venir en aide aux victimes.

Si l'on sait que la parole s'est libérée par une "meilleure médiatisation et l'encouragement des victimes à le dénoncer", il n'en reste pas moins que les chiffres des violences intrafamiliales sur le territoire sont effrayants. 97,55 % d'augmentation en cinq ans. Ici, une femme sur quatre vit une forme de violences (physique, sexuelle, financière) et une femme sur huit a subi une agression sexuelle avant l'âge de 15 ans. À titre de comparaison, le taux de violences physiques et sexuelles est 7 fois plus élevé qu'en Métropole. Pire encore, la dernière étude du Cese (Conseil économique, social et environnemental) publiée fin 2017 montre qu'une femme sur cinq vivant en Nouvelle-Calédonie a subi des violences de la part de son conjoint ces douze derniers mois. « C'est quasiment 10 fois plus que dans l'hexagone », expliquent les responsables locaux des ateliers des Assises des Outre-mer, Sébastien Lemoine, coordonnateur sécurité et prévention de la délinquance du gouvernement, et Julien Henrard, directeur des sécurités du haut-commissariat tout en ajoutant que « 7,2 % des Calédoniennes ont elles subi dans le même temps une agression sexuelle de la part de leur conjoint ». C'est tout simplement 8 fois plus qu'en France métropolitaine.

7,2 % des Calédoniennes ont elles subi dans le même temps une agression sexuelle de la part de leur conjoint

Alcool et violences

Autre constat, et non des moindres, qui ressort des assises des Outre-mer : cet écart entre territoires ultramarins et la Métropole s'expliquerait notamment par une "insuffisance de structures d'accueil inégalement réparties sur le territoire" et ce malgré "une prise de conscience des acteurs de la sécurité, des populations et du monde associatif".
Il y a urgence et c'est pourquoi le groupe de travail a décidé de travailler sur l'existant plutôt que de repartir d'une feuille blanche et d'outils trop longs à mettre en place pour escompter des résultats rapides et endiguer ce phénomène endémique à la Nouvelle-Calédonie. Un phénomène souvent lié à un autre bien de chez nous, la consommation excessive d'alcool. Pour les acteurs, il faut poursuivre le travail de libéralisation de la parole, mieux protéger les conjoints victimes de violences et leurs enfants donc renforcer la professionnalisation et structurer l'accueil des victimes.

Des actions concrètes rapidement déployées

Quatre projets ont été retenus comme le renforcement de l'association SOS Écoute et l'accès au droit, la diversification des lieux d'accueil et d'hébergement pour extraire le plus rapidement les victimes de leur environnement. Côté gendarmerie, le recrutement d'intervenants sociaux en brigade est envisagé car les victimes ne sont aujourd'hui pas accompagnées, du moins pas plus qu'une victime de cambriolage. Enfin, la création d'une brigade de la protection de la famille commence à faire son chemin au vu de la triste analyse des résultats.
À ce sujet, la Nouvelle-Calédonie attend avec impatience l'enquête VIRAGE pour réactualiser des chiffres datant de 2003, mais aussi un Centre d'accueil d'urgence des victimes d'agression (CAUVA), projet toujours bloqué et pourtant financé dans le cadre des contrats de développement 2017-2021.


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