Le Muséum national d’histoire naturelle au chevet du parc

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L’histoire du parc de la côte Oubliée livre aujourd’hui ses premiers chapitres. On estime à 70 % la superficie du parc qui n’a pas encore été scientifiquement visitée et inventoriée. Avec pour conséquence des espèces découvertes à chaque nouvelle expédition.

 

Une aventure enrichissante. De nombreux scientifiques locaux se rendent régulièrement sur place, comme ceux de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), de l’Institut agronomique néo-calédonien (IAC), ou bien encore des bénévoles de l’association Endemia. D’autres font le déplacement depuis Paris, comme les scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle. Des spécialistes dans chaque domaine se rendent dans le monde entier pour explorer l’inconnu, y compris en Nouvelle-Calédonie, c’est le concept de « Planète revisitée ». Lors d’un camp d’une semaine ou deux, les scientifiques vont dans des endroits souvent inaccessibles qui sont passés entre les mailles des filets des grandes expéditions. L’intérêt de la côte Oubliée, c’est que ces spécialistes peuvent y revenir, et trouver, à chaque fois, de nouvelles espèces. Après quinze jours passés sur place en 2016, les scientifiques ont travaillé à traiter les précieuses données, parfois au Muséum, mais surtout souvent avec l’aide d’équipes décentralisées en Angleterre, en Australie ou en Allemagne.

Le fait que le Muséum national d’histoire naturelle se déplace chez nous montre l’intérêt scientifique de la zone. Les chercheurs vont là où ils peuvent faire avancer leurs publications. La province Sud ne pouvait pas laisser plus longtemps ces lieux soumis à des pressions en tout genre, car si ces espaces sont si riches, c’est parce qu’ils restent encore inaccessibles. Et peut-être qu’un jour, bientôt, la connaissance fondamentale, c’est-à-dire l’avancée de la science dans le monde, passera par la Nouvelle-Calédonie. Avec les Calédoniens. Si un chercheur trouve ici une molécule inédite permettant, par exemple, de créer une crème anti-âge ou autre, il ne pourra s’en servir, sauf à faire un contrat avec la province Sud et les coutumiers. Et c’est aussi cela l’intérêt de ce projet de parc provincial : reconnaître et sécuriser le patrimoine naturel à long terme…

La plus grande aire terrestre d’oiseaux de Nouvelle-Calédonie

Au coeur de la côte Oubliée, une zone de 70 000 hectares représente la plus grande aire terrestre pour les oiseaux calédoniens. Les ONG sont formelles, oui, le futur parc revêt une importance capitale pour la préservation des espèces.

Au coeur de la côte Oubliée, une zone de 70 000 hectares représente la plus grande aire terrestre pour les oiseaux calédoniens. Les ONG sont formelles, oui, le futur parc revêt une importance capitale pour la préservation des espèces.

C’est un fait. Pour Birdlife International, la côte Oubliée représente une zone d’importance primordiale pour les oiseaux. Cette organisation non gouvernementale, qui n’est autre que l’autorité de référence pour établir la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), estime que le futur parc réunit trois habitats inédits encore préservés. Autrement dit, trois “hot spots” pour la biodiversité. Parmi ces trois zones privilégiées, les massifs du Grand Sud, 70 000 hectares situés entre le mont Humboldt et le Parc de la rivière Bleue, constituent la plus importante aire terrestre d’oiseaux de Nouvelle- Calédonie. Cette zone a fait l’objet d’une prospection importante avec 169 points d’écoute, ainsi que plusieurs missions scientifiques. Les 19 espèces endémiques de la Grande Terre et 18 des 42 sousespèces endémiques y sont présentes.

Cette aire constitue la seule région d’occurrence connue du méliphage noir, considéré comme en danger critique d’extinction selon les critères de l’UICN.

Les deux espèces de pétrels connues pour nicher sur les reliefs de la Grande Terre ont été répertoriées ici, tout comme une importante population de cagous.

Enfin, de nombreux scientifiques et passionnés amateurs sont à la recherche, ici, d’un oiseau disparu : l’égothèle calédonien. À l’image du dodo à l’île Maurice et à La Réunion, l’égothèle calédonien a été décrit par les premiers explorateurs vers 1800, et n’aurait été aperçu qu’une seule fois depuis. Des passionnés d’ornithologie viennent souvent d’Australie, du Japon, des États-Unis, ou encore d’Allemagne, pour tenter de l’immortaliser sur papier glacé. En vain jusqu’à présent. Par ailleurs, sur les quatre espèces de roussette répertoriées à ce jour, trois espèces endémiques sont classées sur la liste rouge de l’UICN, dont le nyctophilus nebulosus, qui est considéré comme en « danger critique d’extinction ».

Agence Presse Pacifique Crédit photos : province Sud À venir, épisode 3/3, « Des cours d’eau en guise de sanctuaire ».



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