Le Parc de tous les records

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A lui seul, le Parc provincial de la côte Oubliée Woen Vùù – Pwa Pereeù, abrite la moitié des forêts humides de Nouvelle-Calédonie, représente un tiers de la superficie de la province Sud, et héberge de nombreuses espèces végétales inédites. Préserver cet espace de vie menacé s’imposait donc comme une évidence.

Reconnaître la valeur des lieux et du patrimoine naturel, aujourd’hui, et demain. Le Parc provincial de la côte Oubliée, c’est, île des Pins comprise, un tiers de la superficie de la province Sud. Il était donc impensable de ne pas vouloir protéger ce refuge unique pour la faune et la flore. Pour cela, une seule solution, se doter de règles régissant les relations entre l’homme et la nature. Et quelle nature… La côte Oubliée héberge 98 % d’espèces végétales endémiques, voire 100 % pour certains groupes. Cela veut dire quoi ? Cela signifie que, à chaque fois qu’un spécimen d’arbre ou de fleur est observé, on peut être sûr à quasi 100 % de ne jamais le voir ailleurs dans le monde. Autrement dit, il existe ici des espèces qui ne poussent…qu’ici. Comment expliquer cette particularité ? Il faut remonter à la séparation du supercontinent Gondwana, il y a environ 160 millions d’années, pour comprendre que toutes les plantes qui se sont retrouvées ici ont suivi une trajectoire particulière. Parce qu’elles ont vécu en cercle fermé très longtemps, cela a donné lieu à de nouvelles espèces, uniques. Pour certaines, on assiste même à du micro endémisme. C’est-à-dire que sur trois sites bien particuliers, on a des espèces que l’on ne trouve que sur ces sites, et nulle part ailleurs dans le Parc. Et comme il s’agit de terrains difficiles, les espèces de très grandes tailles restent rares. À la différence de la Guyane où la canopée atteint 60 mètres, ici, l’étage supérieur des forêts directement touché par l’influence des rayons du soleil se situe entre 20 et 30 mètres de hauteur. D’ailleurs, grâce à la création de ce parc, la Nouvelle-Calédonie se place juste derrière la Guyane en terme de superficie d’espace terrestre protégé. La superficie d’aire protégée est doublée en province Sud et représente désormais la moitié des forêts humides de tout le territoire. À titre de comparaison, un seul kaori géant de plus de 40 mètres est visible au Parc provincial de la rivière Bleue, alors qu’ici, au moins une quinzaine est d’ores et déjà répertoriée. Vieux de plusieurs siècles, voire de plus d’un millénaire pour certains, ces kaoris ont échappé à la coupe massive de bois. Enfin, autre record et non des moindres, c’est ici qu’il pleut le plus en Nouvelle-Calédonie. Avec plus de 3 500 millimètres par an, les précipitations sont deux fois plus importantes qu’au Mont-Koghi.

Textes et photos : Agence Presse Pacifique

Un héritage du passé à protéger

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Des insectes vieux de 75 millions d’années, des plantes datant de la préhistoire, des reptiles en proie à un trafic international… Qui dit héritage du passé, dit trésor à protéger. Mieux connaître les richesses du Parc pour mieux les conserver.

Le groupe le plus diversifié sur la zone d’étude reste les plantes à fleurs (angiospermes), qui représentent près de 90 % des espèces répertoriées. Globalement, on remarque l’importance des familles d’origine gondwanienne, vestiges du passé, telles que les myrtacées. Après les plantes, les insectes constituent le second groupe le plus diversifié sur la zone d’étude, même si les données recueillies ici sont très fragmentaires et, pour la plupart, assez anciennes. On peut citer par exemple les coléoptères chrysomélides du genre endémique Bohumiljania, véritables fossiles vivants et reliques du continent Gondwana. Ils sont apparus en Nouvelle- Calédonie à la fin du crétacé, il y a 75 millions d’années. C’est sur les montagnes surtout que l’on trouve actuellement, parmi les insectes, les vraies reliques du Gondwana. Enfin, la Côte oubliée pourrait être aussi la cible de trafic d’animaux, notamment de reptiles, comme à l’Île des Pins. D’ailleurs, les études ont permis de recenser une trentaine d’espèces de scinques et de geckos, soit environ 30 % des espèces décrites à ce jour en Nouvelle-Calédonie, avec un taux d’endémisme de 93 %. Sept espèces sont considérées comme « En danger » ou « Vulnérables » d’après les critères de la liste rouge de l’UICN. D’où une vigilance accrue de la part de la province Sud qui souhaite pouvoir renforcer l’efficacité de son action. A chaque nouvelle publication scientifique internationale portant sur la Nouvelle-Calédonie, on peut être sûr de voir des chercheurs professionnels ou amateurs débarquer pour corroborer les faits.

 



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