Les secrets des aromates

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Basilic, thym, menthe, coriandre, poivrées, citronnées, on les aime, les plantes aromatiques. On aimerait tous en avoir des buissons dans notre jardin, des bouquets dans notre cuisine. Fraîches, biologiques, gratuites, appétissantes. Mais la vérité est cruelle. Si vite achetées, si vite desséchées. Jean-Philippe Bougault, gérant de la pépinière Botanéa, donne quelques conseils.

«Le secret, c’est le substrat », annonce d’emblée Jean- Philippe Bougault, gérant de la pépinière Botanéa, sans même glisser un peu de suspense. Le substrat, c’est le milieu dans lequel on plonge les racines de notre petite plante aromatique fraîchement achetée en pépinière. Car nous en avons tous fait l’expérience. Revenir fièrement de nos courses à la jardinerie avec des petits pots de menthe, de thym, de basilic, et trois semaines plus tard, tout est sec et mort sur pied. Mais pourquoi ? D’abord parce qu’il ne faut pas les laisser dans les petits pots dans lesquels les plantes sont vendues. Il est impératif de les rempoter en arrivant à la maison. Dans un pot plus grand, dans une jardinière, en pleine terre... Peu importe, mais donc avec un bon substrat ! « C’est le secret » , a dit le spécialiste. « La terre calédonienne est très argileuse, les particules fines se mettent au fond du pot, et bouchent le pot, ce qui fait mourir la plante », commente Jean-Philippe Bougault. Il faut donc rempoter ses plantes aromatiques dans un terreau de qualité. Doivent s’y trouver, entre autres, de la tourbe, de la fibre de coco, des éléments drainants comme des grosses particules de coco, des écorces de pin, ou encore de la perlite. Normalement, un bon terreau est agrémenté d’engrais. Pas forcément chimique. Il peut prendre la forme de compost, d’amendement organique comme du sang desséché, de la corne broyée, du fumier de cheval composté... « Si le terreau est basique, ou que vous plantez vos aromates en pleine terre, vous pouvez ajouter un engrais solide qui se diffuse lentement. » Car l’engrais est un des ingrédients clefs pour ne pas voir mourir vos petites plantes odorantes. En fonction du lieu où vous achetez vos aromates, ils seront plus ou moins chargés en engrais. Parfois liquide et fourni quotidiennement à la plante.

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"Une plante, c’est comme un humain"

Alors, forcément, arrivés à la maison, pas étonnant que menthe, thym, coriandre et autres épices meurent. « Une plante, c’est comme un humain, elle a besoin de boire et de manger, souligne le gérant de Botanéa. Si vous lui donnez à manger une fois par an, elle ne va pas spécialement mourir, mais elle ne va pas aimer. » Donc en achetant la plante, renseignez-vous sur la quantité d’engrais, la marque, quitte à, au début, le temps de l’acclimater, en mettre à la maison, puis, au fur et à mesure, la nourrir avec des engrais qui vous conviendront davantage, plus naturels, biologiques. On parle de plantes comestibles, il est donc important de ne pas lui donner à manger des produits chimiques. À Botanéa, pépinière labellisée Agriculture Responsable, l’équipe a opté pour de l’engrais solide, sous forme de billes mêlées à la terre, qui se diffuse lentement et ne relâche pas de nitrate dans les eaux. « Nous avons pris le parti d’utiliser de l’engrais retard qui se diffuse en fonction de la température, de l’hygrométrie, et des besoins de la plante. L’avantage c’est que le client a la même chose chez lui au moins les premiers mois, ensuite, il faudra donner à manger à sa plante. »

L’arrosage et les annuelles

Une plante aromatique est généralement petite, elle s’adapte donc en trois à quatre semaines à son nouveau lieu de vie. Il faudra tout de même respecter les besoins de chacune. Jean-Philippe Bougault les a divisée en trois groupes. Il y a celles qui nécessitent un minimum d’eau, donc à placer dans un sol drainant, comme le thym, le romarin, la sarriette, l’origan, l’origan grec... « Si le sol est trop argileux, on peut ajouter du sable, de l’écorce, des billes d’argile pour le rendre plus drainant. » La seconde catégorie aime les sols moyens, drainants mais pas trop... Aneth, persil, coriandre, basilic nain, ciboule, ciboulette... « Pour toutes les plantes, on n’arrose pas tant que le dessus est humide. Une plante en manque d’eau est en stress mais peut résister plusieurs semaines, alors qu’une plante en excès d’eau peut mourir en quelques jours », prévient le gérant de Botanéa. Puis vient la troisième catégorie, celle qui aime les milieux humides, mais pas avoir les pieds dans l’eau pour autant : la menthe, le basilic... Ce dernier fait aussi partie des catégories d’aromates dits annuels. Avec la coriandre ou encore l’aneth, après la germination, la plante meurt. Donc rien à voir avec vos dons de jardinier ou la quantité d’engrais mangée par l’aromate à l’achat. Il devait mourir. Un point c’est tout. Le basilic vert, néanmoins, peut survivre si vous coupez les fl eurs avant qu’elles ne grainent. Dans l’ensemble, les aromates vont apprécier le plein soleil, sauf ceux aimant l’humidité, comme la menthe, qui ne nécessiteront pas plus de quatre heures d’ensoleillement par jour. Et vous savez quoi ? L’aromate favori des Calédoniens est le thym.

LES ORIGINALES

aro02LE SHISO

Le shiso est un aromate japonais qui se présente comme un petit arbuste aux fl eurs violettes. Deux espèces sont utilisées : la verte et la rouge. « C’est une vraie concentration d’épices : cannelle, cumin... le tout sur la même plante », décrit le gérant de Botanéa. Le shiso s’utilise partout où l’on utiliserait du basilic ou de la menthe, comme dans un rouleau de printemps, pour accompagner un sashimi...

aro03LA STÉVIA

C’est un édulcorant naturel, la stévia est donc idéale pour remplacer le sucre, sachant que son pouvoir sucrant est 100 à 300 fois plus puissant que le sucre habituel. Les feuilles fraîches peuvent être mises dans le thé à la place du sucre. Sèche et broyée, elle sera parfaite dans un gâteau, sans sucre ajouté, on n’y verra que du feu. Les feuilles et les fl eurs sont comestibles.

L’astuce du pro :

« Quand on a du mal avec l’arrosage, que l’on arrose trop ou pas assez, on trouve des techniques pour y pallier », confi e Jean-Philippe Bougault, le gérant de la pépinière Botanéa. Des hydrorétenteurs, des granulés qui s’imbibent d’eau, ajoutés au substrat, redistribuent l’eau en fonction des besoins de la plante. Ils disparaissent au bout de trois ans environ. L’arrosage automatique soit électrique soit branché à un petit réservoir qui ne nécessite pas d’électricité, parfait pour les balcons, est également une bonne solution.



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