Santé et inégalités

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L’inégalité entre les hommes et les femmes influe sur tous les domaines de la société : social, professionnel, familial, mais aussi dans la santé. L’agence sanitaire et sociale de Nouvelle-Calédonie et la Mission à la condition féminine de la province Sud sensibilisent sur la question.

Les femmes consultent moins

En Nouvelle-Calédonie, les femmes consultent moins, « à cause du coût financier que cela représente, transport compris », explique Hélène Pichot, directrice adjointe de l’Agence sanitaire et sociale de Nouvelle-Calédonie. « Les femmes ont moins d’accès aux revenus, elles subissent plus de temps partiel, et à diplôme égal elles n’ont pas le même salaire », liste Joane Païdi, responsable à la Mission à la condition féminine de la province Sud. « Globalement, dans le monde, les femmes ont plus de maladies chroniques que les hommes. Elles ont moins recours à l’emploi, ont moins de vie sociale, donc moins de revenus et moins accès aux soins », explique l’Agence sanitaire et sociale.

Les femmes considérées comme plus dépressives

Les femmes sont plus souvent traitées pour une dépression. « La femme est plus encline à exprimer ses émotions de par son éducation », souligne Laetitia Lagarde, coordinatrice des actions sociales à la Mission à la condition féminine. 27% des femmes déclarent avoir ressenti un symptôme de dépression contre 11% des hommes.

Les femmes touchées par l’obésité

Une personne sur deux entre 45 et 60 ans est obèse en Nouvelle- Calédonie, mais en matière d’obésité abdominale, 69% sont des femmes. Un terrain fertile pour les maladies cardio vasculaires, le diabète… « C’est lié à des raisons biologiques, à l’histoire familiale, les grossesses, à la sédentarité, aux conditions sociales, au grignotage... » La sédentarité, c’est de rester assis, ou couché. Comme au bureau, dans la voiture… « La sédentarité est devenue au niveau mondial le premier facteur de risque devant le tabac pour les maladies chroniques », souligne Hélène Pichot.

Les jeunes adultes décrochent du sport

Selon une enquête auprès des clubs calédoniens, « on constate un décrochage des filles à 18 ans », affirme Joane Païdi. De manière générale l’activité physique intense est moins pratiquée par les filles. « Au moment du pic de croissance, à l’adolescence, il est important que les jeunes filles pratiquent une activité physique, surtout les sports à impact, lorsque le pied tape le sol, afin de prévenir l’ostéoporose, car c’est le moment de la calcification des os, où l’on crée le capital osseux », détaille Hélène Pichot.

La sexualité, le berceau des inégalités

Dans l’univers de la sexualité, les inégalités hommes femmes sont nombreuses. La grossesse, par exemple : « Dans l’accompagnement de l’enfant à naître, l’homme n’est clairement pas investi », constate Nelly Beuchée, sage-femme de l’agence sanitaire et sociale. Elle ajoute : « Une hausse des violences faites aux femmes est constatée durant la grossesse. » Les femmes sont également plus concernées par les infections sexuellement transmissibles, comme la chlamydiae. Les hommes aussi sont concernés, mais ils peuvent être porteurs sains de certaines maladies, qui se déclarent chez la femme. Et sur la contraception, « c’est une histoire de femme, car c’est son corps. Mais c’est aussi une histoire de couple, car il ne faut pas que l’homme se dise que la femme peut se débrouiller avec », souligne Nelly Beuchée. L’âge moyen pour la première grossesse en Nouvelle-Calédonie est de 20 ans et deux mois.



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