Sécheresse et canicule Déclenchez le plan « hors sec »

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Durant les périodes de grosse chaleur, quelques gestes simples permettent de voler au secours des plantes les plus menacées par le manque d’eau.

Au plus chaud de l’été, si le surveillant jardinier n’a pas été capable de repérer au cours de ses rondes les indices d’un dessèchement des plantes, c’est au jardinier urgentiste de prendre le relais. Car après quelques jours de fortes chaleurs, les plantes qui n’auraient pas bénéficié d’un arrosage adéquat se trouvent rapidement en danger de mort. Fini les demi-mesures, l’heure est à l’intervention d’urgence !

L’eau, élément vital

Les plantes sont des organismes constitués de 60 à 90 % d’eau. Leur métabolisme repose sur le déplacement de l’eau qui s’effectue de cellule en cellule, grâce au phénomène de l’évapotranspiration. C’est en effet l’évaporation de l’eau à travers les stomates des feuilles qui agit comme une pompe et tire la sève brute des racines jusqu’au feuillage où s’effectue la photosynthèse. L’eau est donc le vecteur de l’alimentation, mais c’est aussi, par la pression qu’elle exerce au sein des cellules, un élément structurant des plantes non lignifiées (plantes à tiges molles), qui permet leur maintien. Quand l’eau vient à manquer, la survie est donc clairement menacée.

État critique

Lorsqu’une plante manque d’eau, elle tente de limiter ses pertes en fermant ses orifices d’échanges gazeux (les stomates). Il s’ensuit un ralentissement, puis un arrêt de la croissance, très fréquent en été. Cependant, l’évapotranspiration ne pouvant être totalement stoppée, si le manque d’eau perdure, la plante va peu à peu s’affaisser et perdre son feuillage à cause de l’air qui va s’immiscer en petites bulles dans les cellules.

L’arrosage d’urgence

Une plante en cours de déshydratation est en danger de mort si elle n’est pas arrosée rapidement. Cependant, attention, car la situation est délicate. Procédez à des arrosages profonds, de préférence le matin pour éviter les chocs thermiques à cause d’une eau trop fraîche par rapport à la température du sol. En effet, vous pourriez provoquer des nécroses racinaires et ouvrir la porte aux maladies cryptogamiques. Ainsi, si vous devez arroser le soir, mieux vaut laisser reposer l’eau quelque temps dans des arrosoirs afin qu’elle se réchauffe.

À la douche

Sur les plantes flétries, il est opportun, dès le soir, de doucher le feuillage afin de les rafraîchir. Ceci aura pour conséquence de rouvrir les stomates durant la nuit et de permettre la circulation complète de la sève. Elle sera ainsi fin prête à recevoir l’arrosage du matin. Évitez toutefois cette opération sur les plantes sensibles aux maladies cryptogamiques telles que les rosiers, asters, tomates… De même, n’agissez pas en pleine journée, car l’action des rayons du soleil sur les gouttes d’eau peut provoquer des brûlures graves à cause de l’effet de loupe.

Petite taille, grands effets

En période de canicule, il est indispensable de tailler les fleurs fanées car leur transformation en graines mobilise une part importante de l’énergie dont la plante a besoin pour assurer sa survie. Sur les plantes les plus mal en point, on peut procéder à des petites tailles de rameaux qui, en réduisant la proportion du feuillage, vont réduire l’évaporation.

Indispensable paillis

La pose d’un paillis organique épais (épines de pin, broyat, feuilles mortes, paillis du commerce…), de cinq à dix centimètres d’épaisseur, permet de réduire l’évaporation de l’eau à la surface du sol et de protéger celui-ci du soleil, ce qui limite sa montée en température. Cette action ne vous exemptera toutefois pas d’un arrosage régulier, et surtout conséquent, car le paillis ne crée pas d’humidité.

À la diète !

N’apportez jamais d’engrais à une plante en stress hydrique car elle n’est pas en mesure de l’assimiler correctement. Vous risqueriez tout simplement de la tuer.



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