DOSSIER | Tourisme, sortez des sentiers battus !

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8 idées pour (re)découvrir le Caillou. 

  • Eoce, l’autre perle de Maré

    Si Roh est réputée pour sa fête du vivaneau chaque année en novembre, la petite tribu du nord de l’île recèle bien d’autres trésors. Parmi eux, la balade vers Eoce surprendra les randonneurs amateurs de découvertes. Une heure et trente minutes au cœur d’une végétation luxuriante, entre océan et falaises, sur le cap Machau, le plus à l’ouest de Maré.


    En arrivant par la route sur les hauteurs de Roh, l’île de Tiga se profile au large, sur un océan à perte de vue, majestueux. Déjà une première impression de bout du monde. Une descente vertigineuse longe la petite tribu d’apparence tranquille. Le paysage côtier est accidenté, mise en bouche d’une balade qui l’est tout autant. En prenant à gauche, vous arrivez sur les terres de la famille Hukane, clan de la mer propriétaire terrien d’Eoce, la méconnue. C’est Denis, l’aîné de la famille, qui vous accueille et vous guidera vers le trésor caché.

    La légende de la baleine


    La piste de terre est d’abord large et peut donner l’impression d’une randonnée qui s’annonce facile. Elle ne l’est pas tant que ça et s’adresse à de bons marcheurs munis de bonnes chaussures. Au bout du chemin, il faut alors s’enfoncer dans les feuillages pour découvrir une voie naturellement dessinée par les passages successifs. Les pêcheurs de Roh l’empruntent régulièrement pour aller attraper les poissons qui font leur renommée. Il n’est pas pour eux un lieu de balade mais de travail. Comme souvent, la curiosité des visiteurs amuse ceux pour qui une marche n’a jamais pour objectif le seul plaisir. Ils la comprennent néanmoins et l’assouvissent en racontant quelques légendes propres à Eoce. À l’approche de l’unique difficulté de la randonnée, un passage le long d’une falaise qui surplombe l’océan, le guide évoque alors la légende de la baleine qui lui aurait donné sa forme. Rappel d’une époque où les navires marchands venaient jusqu’à Maré. Le premier baleinier signalé dans les eaux calédoniennes en 1793 aurait même donné son nom à l’île, en la baptisant île de Britania. On raconte aussi que des marins, séduits par Maré, auraient choisi d’y terminer leur vie. Peut-être y croiserez-vous leur descendance...

    Au bout du monde

    Comme ses sœurs, Maré fait partie de la ride des Loyauté, relief sous-marin émergé né du plissement de la croûte océanique. Ici, des grottes immenses rappellent la vie d’il y a des millions d’années, parties visibles de l’ancien arc volcanique. Rencontres surprenantes avec ces concrétions où l’on croit reconnaître des visages et autres formes animales. Les yeux se lèvent vers ces sommets dont on ne soupçonnerait pas l’existence si on ne s’était pas enfoncé parmi les plantes, arbres endémiques et différentes espèces de fougères. Parmi elles, la fameuse « pahac », met apprécié et fêté à Lifou. Alors que les lieux ont laissé libre-court à l’imagination, le bruit des vagues sur le récif corallien rappelle la proximité de l’océan. C’est à ce moment-là, au bout d’une belle et dense cocoteraie, que vous êtes récompensé de vos efforts en découvrant la plage d’Eoce, véritable écrin. Face à vous, sur un sable fin et immaculé, un lagon d’un bleu puissant sur lequel semblent s’être posés de nombreux îlots, coraux émergés au pied desquels la plongée en masque tuba offre un spectacle magnifique. Cette fois-ci, c’est l’île de Dudune qui se profile au large. Sans aucun doute, vous êtes au bout du monde.

    (texte et photo : Sophie Mendès)

  • Le pic d’Arama

    Perché à 400 mètres de haut au sud de Poum, l’Arama, sommet des monts Ninndo, offre, au terme d’une balade sans difficulté, un balcon exceptionnel sur le lagon.


    La vue sur les deux côtes du Caillou est une des récompenses les plus courues des grimpettes calédoniennes. Dogny, Aoupinié, sphynx de Houaïlou, mont Do… Les randonnées qui permettent de se l’offrir, si elles sont pour la plupart exigeantes, ne sont pas si rares qu’on pourrait le croire. Mais peu de balades, en revanche, permettent de se sentir complètement entouré par le lagon : l’ascension du sommet Arama fait partie de celles-là.
    Sur la pointe nord de la Grande Terre, au sud de Poum, se dressent les monts Ninndo. Un dédale de collines au sommet ocre et pelé qui séparent Golone sur la côte Ouest, d’Arama ou Pangaï, côté Est. Perchés sur leurs crêtes, entre 200 et 400 mètres d’altitude, de nombreux sentiers offrent des panoramas superbes. Et quelques sueurs froides pour les marcheurs sujets au vertige.

    Bien s’équiper

    L’accès a été rendu plus aisé par la construction récente d’un petit parking sur la RPN 9, route transversale qui bifurque de la RP1 vers Arama, à quelques kilomètres au sud de l’hôtel Malabou. Le parking, équipé de farés, se situe en haut du col, à 200 mètres au-dessus du lagon. C’est de là que part le sentier vers le pic.
    D’abord abrupt et feuillu, il saute, en à peine 1,5 kilomètre, de point de vue en point de vue. Toute la famille est la bienvenue, à condition d’être correctement équipée - eau, chapeau, crème… la végétation, rapidement rase, n’offre pas la moindre ombre - et de garder un oeil sur les plus jeunes, la roche friable étant propice aux glissades.
    Sous un soleil d’été, les 200 mètres de dénivelé peuvent décourager, mais à l’arrivée au sommet, quel spectacle !

    Les yeux dans le bleu


    Le bleu saute aux yeux de toutes parts. À l’Ouest, seul le massif de Tiébaghi bouche partiellement le panorama sur le lagon. La baie de Néhoué semble à vos pieds, la presqu’île de Golone, à portée de marche. À l’est, l’île Balabio et l’îlot Pam marquent l’entrée de l’estuaire du Diahot, dont les courbes s’enfoncent dans la mangrove de Ouégoa, d’un vert éclatant. Mais c’est au nord que le spectacle est le plus unique : Boat Pass, qui cercle la Grande Terre, semble n’être qu’un filet d’eau entre les îlots de Poum qui s’entremêlent. Baba, Yandé, Néba… Les jours clairs, c’est même Bélep qui ferme l’horizon.
    Le vert du maquis, dense sur certaines pentes, ou le rouge des petites colonies de plantes carnivores installées par endroits complètent cette incroyable palette. Un coup de chaud ? Vingt minutes de descente vers le parking, et la baignade est à deux pas, d’un côté ou de l’autre du col.

    (Texte : Charlie Réné / Photos : E. C. et A.-C. P.)

  • Casy, un coin de paradis

    Connu pour ses baies paisibles et son hôtel abandonné, l’îlot de la baie de Prony offre aussi plus de cinq kilomètres d’un sentier balisé qui ravira botanistes ou amateurs d’histoire.


    Il y a les petits pelés, les grands touffus, les vaseux des estuaires ou ces tas de sable qui émergent près de la barrière. La Nouvelle-Calédonie compte des myriades d’îlots (140 pour la seule province Sud) et beaucoup ne demandent qu’à être explorés. Certains plus que d’autres, comme l’îlot Casy en baie de Prony.
    On va y chercher une halte paisible sur des plages ombragées ou un point de ralliement pour un « coup de fête » entre amis. Mais l’îlot attire aussi les promeneurs à la journée : un sentier fait le tour de ses 40 hectares, ouvrant de beaux points de vue sur la pointe sud de la Grande Terre.

    Sentier pédagogique

    Tout le monde n’a pas la chance de naviguer par ses propres moyens et donc le plaisir d’arriver à Casy en doublant l’île Ouen. Rendez-vous donc baie de la Somme, à quelques encâblures de l’ancien village de Prony. Sur la plage de sable rouge, la mise à l’eau est possible pour les bateaux et un petit ponton fait office de quai d’embarquement pour la navette de Casy Express, qui fait l’aller-retour à la demande et parfois plusieurs fois par jour. Certains tentent de temps à autres la traversée en kayak, mais attention à la météo changeante et à l’isolement du lieu : mieux vaut
    être encadré et correctement équipé. Sur place, impossible de rater le sentier, balisé comme un chemin de petite randonnée et agrémenté de panneaux écrivant l’histoire ou la richesse naturelle des lieux. Comptez 3,5 kilomètres pour le tour de l’île, 5 kilomètres avec quelques détours.

    Cycas, maquis, banians et histoire

    Petit paradis des botanistes, l’îlot accueille un très endémique maquis minier (séparé de la Grande Terre voilà « à peine » un million d’années), qui partage sa géologie avec le reste du Grand Sud. Mais aussi de belles forêts côtières. Bois-de-fer bordant une plage de sable blanc d’un côté grands banians aux torsions improbables de l’autre. Au milieu, une magnifique forêt de cycas où l’on pourra apprendre à « compter » l’âge des arbres ou à reconnaître mâles et femelles. C’est aussi l’histoire du lieu, fréquenté depuis toujours par les habitants de l’île Ouen toute proche, qui saute aux yeux durant la balade. À 45 mètres de haut, un plateau laisse deviner une ancienne exploitation de jade et le passage du bagne. Le village de Prony est juste en face, et la pénitentiaire avait fait de Casy sa succursale. Les descendants des « jardiniers » du bagne, résidèrent d’ailleurs longtemps sur l’îlot et leurs tombes sont regroupées au détour d’un chemin, couvertes de coquillages. Plus tard, Casy a accueilli un hôtel, dont les bâtiments sont en train d’être démontés. Pour faire place à quoi ? L’avenir le dira. Espérons que la balade reste longtemps aussi agréable.

  • Au plateau de Dogny

    Exigeante mais pas ingrate, l’ascension du plateau de Dogny fait partie des randonnées les plus courues de Nouvelle-Calédonie. Et pas seulement pour sa vue sur les deux côtes du Caillou.


    Il y a ceux qui veulent voir la mer et ceux qui préfèrent la rivière. Ceux qui rêvent d’un chemin à l’ombre de la forêt et ceux qui cherchent le grand air. Ceux qui chassent les panoramas et ceux qui n’ont besoin que d’une belle plante ou d’un oiseau rare pour en prendre plein la vue… Difficile de contenter tout le monde. Sauf peut-être au plateau de Dogny. L’ascension du petit sentier de Sarraméa qui fait chauffer les guiboles des Calédoniens depuis des décennies, mettra même d’accord les amoureux de la côte Est et les fondus de l’Ouest : à environ 1 000 mètres d’altitude, planté au milieu de la chaîne, Dogny domine tout et offre un panorama sur les deux côtes du Caillou.

    1500 mètres de dénivelé cumulé

    Un petit tour du pays qui a son prix : 16 km aller-retour et 1 500 mètres de dénivelé en cumulé. Pas d’inquiétude : les cuisses sensibles trouveront partout des pauses agréables et des raccourcis salvateurs. Autre chance : le plateau de Dogny, itinéraire très bien décrit dans les fascicules gratuits édités par la province Sud, fait partie des balades les mieux balisées du Caillou. Pour en trouver l’entrée, traversez tout le village de Sarraméa jusqu’à arriver à l’entrée de l’hôtel Évasion. 100 mètres plus haut, un parking et une carte de la randonnée, qui part de l’autre côté du creek. Pas de répit pendant l’ascension : le chemin grimpe presque sans arrêt les cinq premiers kilomètres.
    D’abord dans un paysage pastoral - beaucoup de ces collines ont accueilli des plantations de café - le sentier se fait plus raide à mesure qu’il s’enfonce dans la forêt humide. Banians, fougères arborescentes, palmes, feuilles ou fleurs de toutes sortes… La végétation est dense, le parcours bien ombragé, la Xwé Wya et ses affluents permettent même de se rafraîchir par endroits. À la sortie de la forêt, quand on atteint la crête, on croit reprendre son souffle, mais on le reperd aussitôt : s’ouvre un panorama impressionnant sur la côte Ouest et le lagon.

    Rivière, cascade, forêt humide

    En partant à droite on entamun long tour du plateau, d’abord couvert d’un maquis qui lui donne des faux airs de prairie. Ne vous faites pas berner par cette ambiance paisible : bientôt on suit des cordes sur des pentes à pic, on patauge dans un creek, on se perd entre les bambous, on passe au-dessus d’une vertigineuse cascade avant d’explorer une forêt humide - une des plus belles du pays - sur un chemin en montagne russe. Quand, enfin on retrouve la végétation rase, plusieurs heures plus tard, c’est la récompense : une vue sur la baie de Canala en même temps que sur les environs de la Foa. Reste à boucler la boucle et à redescendre : 7 heures de marche, en tout. Plus si la pluie s’amuse, comme souvent, à transformer le sentier en toboggans.
    Autant le dire tout de suite : après avoir gravi le plateau de Dogny, la fin de la randonnée est un soulagement pour les jambes. Et beaucoup de marcheurs n’ont pas le courage pour un détour. Et pourtant : le trou Feillet, havre de fraîcheur tout proche, est presque une récompense pour ceux qui ont encore un peu de temps devant eux. On peut le rejoindre depuis la descente, mais le plus simple est de revenir au parking et de continuer, à pied, le chemin qui vous y a mené. Après quelques minutes de ballade agréable, on trouve cette petite vasque creusée par le torrent dans la roche, et où dit-on le gouverneur Feillet aurait lui-même fait trempette.

    (Texte : Charlie Réné /Photos : DR)

     

  • Ascension au-dessus du lagon et de la Ouaième

    Perchées à 900 mètres au-dessus de la rivière et du lagon, les roches de la Ouaième, à Hienghène, offrent, après une randonnée exigeante, un panorama à couper le souffle.


    Comment ne pas s’arrêter en chemin sur la corniche qui relie Hienghène à Pouébo ? Entre deux jardins feuillus et colorés, cette portion de la RPN3 offre des points de vue à couper le souffle sur la côte, très escarpée par endroits. Et certains arrêts méritent plus qu'une simple pause en bord de route. Comme une marche jusqu’aux roches de la Ouaième, dont l’ascension vous fera découvrir la grande rivière du Nord sous un angle vertigineux.

    Impossible, depuis le bac tout proche, de ne pas lever la tête vers ces falaises grises, qui bouchent la vue au sud. Souvent prises dans les nuages, elles semblent former un parcours de funambule au-dessus de la rivière jusqu’à surplomber le lagon. La grimpette est tentante. Mais autant le dire tout de suite, les cinq kilomètres d’ascension sont réservés aux marcheurs entraînés. D'abord, à cause du dénivelé. Le sentier, qui part le long de la route à quelques centaines de mètres au nord-ouest de la tribu de Ouenghip, dans la direction du bac, relie le bord de mer à un point de vue perché à 744 mètres d'altitude. Le sommet, lui, est encore 230 mètres plus haut. Ensuite, à cause du sentier lui-même. Certes, le chemin est balisé sur toute sa longueur et son entrée est marquée par un panneau descriptif très complet. Mais il est souvent exposé au soleil et se perd parfois dans les fougères. Au randonneur d’être vigilant, donc, d’autant que des à-pics impressionnants rythment l’ascension. Les accès de vertige ne sont pas rares.

    Spectaculaire !


    Ce sont justement ces précipices qui font tout le charme de l’itinéraire, « parmi les plus spectaculaires que la Nouvelle-Calédonie puisse nous offrir », comme l’écrit Jean-Francis Clair dans Nouvelle-Calédonie sauvage. Maquis, puis savanes de niaoulis, forêt dense aux abords des creeks, forêt d’altitude plus haut... Très diversifiés, les paysages de la montée valent eux-mêmes le détour. D’autant que, face à la pente qui ne cesse de se raidir, il suffit de tourner la tête pour contempler le lagon et ses îlots. Mais c’est une fois arrivé sur les roches, que la randonnée prend tout son sens.
    L’estuaire de la Ouaième, cerclé de sable blanc, paraît être sous vos pieds, le massif du Panié n’a jamais paru si proche. Et ceux qui se laisseront tenter par les quelques dizaines de mètres de crêtes qui avancent vers le lagon ne seront pas déçus : le panorama est grandiose.
    Les courageux feront demi-tour pour parcourir les roches jusqu’au sommet, à 982 mètres. Là encore, une vue époustouflante quand les nuages, qui vont et viennent toute la journée, ne sont pas de la partie.
    Comptez 4 à 6 heures pour l’aller-retour complet.

    (Texte : Charlie Réné /Photos : Martin Chouraqui)

  • Le pic Buse à la croisée des chemins

    Facilement accessible depuis Nouméa, la vallée de la Coulée n’est séparée du parc de la rivière Bleue que par une crête. La montée n’est pas difficile, la vue sur le Grand Sud, superbe.


    La Rivière bleue, si proche et à la fois si loin pour les Nouméens. Depuis la capitale, il faut presque 45 minutes de route pour aller découvrir le grand parc du Sud. Ce n’est pas cher payé vu la beauté de l’endroit. Mais certains préféreront y accéder, ou au moins le contempler, après moins de transport et plus d’effort : le pic Buse peut faire office de porte d’entrée « bis ». Car il suffit de regarder une carte pour s’en rendre compte : entre la vallée de la Coulée, au Mont-Dore, et la rivière blanche, au sud-ouest du parc provincial, il n’y a qu’une crête, dominée par le pic Buse. 

    Le sommet, perché à presque 700 mètres, offre, au terme d’une marche de six kilomètres (aller), un point de vue somptueux.

    Fôret de la superbe

    Départ de Nouméa donc. Après avoir rejoint Boulari et en avançant vers Yaté, il faut tourner sur la gauche juste avant le pont de la Coulée. Passé les quartiers résidentiels, la route de la montagne des sources longe bientôt le cours d’eau, s’enfonçant dans une vallée minière, bien connue des amateurs de baignade ou de VTT. Comptez huit kilomètres à partir de la bifurcation pour atteindre le point de départ de la randonnée, juste avant un gué très marqué.
    De là part sur la gauche (vers le nord) une ancienne piste minière, qui, après un peu plus d’un kilomètre monte en épingle vers l’Est, rejoignant un chemin de corniche. Les VTT sont les bienvenus, pour peu que leur propriétaire ait les mollets solides. La végétation, très éparse au début, se densifie à l’approche de la bien nommée forêt de la Superbe qui semble « couler » dans la vallée.

    Entre le Mont-Dore, Dumbéa et Yaté

    Derrière vous, s’ouvre la vue sur la vallée de la Coulée, traversée de toutes parts par les veines rouges de la mine. Après cinq kilomètres de marche, à la sortie de la forêt, la piste tourne

    à gauche : on la quitte pour rejoindre un petit sentier, joli et ombragé, qui part à l’extérieur de la courbe. Le pic Buse est juste au-dessus de votre nez. Ceux qui oublieraient de bifurquer se retrouveraient bientôt devant un portail fermé.
    Demi-tour : c’est la réserve intégrale de la montagne des Sources, véritable château d’eau du Grand Nouméa et qui est à ce titre interdite d’accès. Le sentier, qui grimpe à flanc de montagne quelques centaines de mètres plus tôt monte d’abord en lacets, puis semble contourner le pic pour finalement atterrir sur une crête.
    Devant vous, le parc provincial, la rivière blanche, le lac de Yaté, et même, au fond, le lagon Sud. À une centaine de mètres abrupts sur la droite, le sommet, qui marque la frontière entre le Mont-Dore, Dumbéa et Yaté. On y voit aussi bien la Coulée, que le dos des Koghis. Il ne reste plus qu’à redescendre les 650 mètres de dénivelé.

    (Texte et photos : Charlie Réné)

  • Bélep, l’archipel authentique

    La Fête du Thazard en août ou un séjour « en liberté », peu importe l’occasion, Bélep peut se découvrir à tout moment, pourvu de prendre en compte les contraintes du transport. L’accueil y est simple et chaleureux. L’expérience, authentique.


    Son nom en langue nyelâyu, Dau Ar, signifie « îles du soleil ». C’est un archipel dans l’archipel. Bélep est la région habitée la plus septentrionale de Nouvelle-Calédonie. Art et Pott en sont les deux îles principales, la seconde ayant vu récemment des clans se réinstaller, alors que l’essentiel de la population (un peu plus de 800 habitants) vit sur la première et plus grande île, autour du chef-lieu de Waala.

    La colonisation y a laissé des traces douloureuses, avec l’installation d’une léproserie à la fin du XIXe siècle à Waala, qui entraîna l’expulsion de tous les Béléma vers Balade. Les croix du cimetière des lépreux sont encore visibles, en montant vers l’église, éparpillées dans la végétation et ponctuées de guirlandes de tissus qui s’agitent au vent.
    L’isolement de l’archipel a souvent joué en sa défaveur et explique aussi un tourisme quasi inexistant, qui est peut-être bien la meilleure raison de s’y rendre. N’y cherchez pas le dépaysement, visiter Bélep, c’est retrouver un paysage bien connu de terre rouge, de baies au sable foncé, de végétation côtière luxuriante et de pentes escarpées et arides, sans émerveillement. Mais le sentiment dominant est, plus qu’ailleurs, celui de l’authentique et de la tranquilité, ponctuée des « bonjour » de ceux qui vont à pied ou en voiture sur la route principale. Et c’est dans les rencontres que s’enrichira votre séjour.

    Balade en bateau, randonnée vers les lacs…

    Rejoindre Bélep est déjà une petite aventure en soi. Par les airs, il faut emprunter un petit avion de 19 places aux couleurs d’Air Loyauté (voir l’encadré pratique). Seule une météo optimale autorisera le Twin Otter à se poser sur la piste la plus courte et encaissée du Caillou… Retard ou annulation sont fréquents, mais ça fait partie du voyage ! Par la mer, c’est le catamaran Seabreeze qui vous transportera depuis Koumac en quatre heures, le temps d’entamer un bon gros bouquin.
    Sur place, deux solutions s’offrent à vous : loger chez l’habitant ou camper sur un terrain en bord de baie, non loin du village. Dans tous les cas, appelez la mairie pour obtenir les contacts utiles. Le confort est partout rudimentaire mais l’accueil est amical et chaleureux. La coutume au grand chef Amabili Wahoulo s’impose bien sûr dès votre arrivée.
    La prochaine Fête du Thazard est peut-être bien l’occasion à ne pas manquer (lire l’encadré). Mais un séjour hors des sentiers battus est toujours possible. Les activités s’organisent sur place avec les Béléma : pêche, balades en bateau ou à pied vers un des deux lacs du plateau central, visite au sculpteur… tout est possible et à la carte, selon vos envies et vos hôtes. Trois magasins proposent le nécessaire et un peu de superflus, mais pour les produits frais, mieux vaut s’adresser à la source, en fonction de vos rencontres ou du jour de marché, le dernier vendredi de chaque mois.

    (Texte et photo : Sophie Pecquet)

  • Découvrir Farino, côté plaine

    Ouvert en mars 2016 le Farino Lodge s’inscrit dans la tradition de l’agritourisme, c’est-à-dire d’un tourisme agricole. Envie de respirer le bon air frais de la campagne le temps d’un week-end ? Cette exploitation conviviale et authentique séduira les petits comme les grands. Un lieu où farniente, cueillette et bonne table de terroir sont toujours de la partie ! 


    Arrivez au Lodge à la tombée du soir et vous serez conquis d’emblée par l’esprit « campagne » qui règne en ce lieu. Un ciel rempli d’étoiles, le coassement des grenouilles qui peuplent l’étang du domaine et l’odeur de l’herbe fraîchement coupée se diffusant entre les serres de l’exploitation agricole des Niautou, propriétaires des lieux, sont un ravissement pour les sens. C’est à Foccola (Bas Farino) sur des terres familiales qu’Ingrid, ex-gérante de la station Mobil de la Foa et Jean-Christophe, ancien responsable de l’agence BCI de la même commune ont décidé de s’installer en 2010 pour « passer à autre chose », évoquent-ils pudiquement. Ensemble depuis l’âge de 18 ans, ce couple aussi passionné que passionnant a toujours - à en croire leurs proches - « mille idées à l’heure ». Ils rachètent parcelle après parcelle 15 hectares de terrain pour fonder leur entreprise maraîchère, commercialisant concombres, tomates, salades et autres légumes sous la labellisation « agriculture responsable ». Ils concentrent aussi une bonne partie de leurs efforts à leur produit phare : la fraise de Farino.

    Des cabanes haut perchées

    De fil en aiguille, le couple poursuit la mise en valeur de l’exploitation familiale en développant une structure touristique - à taille humaine - d’accueil à la ferme. On peut donc, depuis mars 2016, y dormir haut perché dans des cabanes de charme et aller ramasser soi-même son panier de légumes du jardin. Le Lodge consiste – pour l’instant - en trois chambres montées sur pilotis à trois mètres de hauteur mais il en accueillera bientôt deux nouvelles. Chacune dispose d’une terrasse donnant sur un petit étang niché dans un écrin de verdure. À l’intérieur, jonc, métal et bois de cocotier cérusé se côtoient avec élégance dans des teintes douces et claires. Si les cabanons sont de facture javanaise, c’est bien Ingrid qui en a dessiné les plans en essayant, dit-elle, « de retrouver l’esprit des cabanes d’antan ». Simples et épurées, les chambres ne manquent pourtant pas de confort : climatisation, télévision et literie digne des établissements de prestige. À bien y regarder et même si elles sont flambant neuves, on dirait que ces cabanes ont toujours fait partie du décor…

    Du champ à l’assiette

    Il n’y a pas qu’en décoration que la maîtresse des lieux a du talent. On s’en rend compte à l’heure de passer à table. Au menu du soir, salade du jardin bien sûr, saucisses de cerf et compotée de manioc maison. « Nous pouvons manger bien, manger sain, manger tous et de manière durable », lance Jean-Christophe producteur et papa concerné, qui est aussi par ailleurs président du syndicat Repair (Réseau professionnel pour une agriculture innovante et responsable). Face à l’industrialisation croissante des filières agroalimentaires, le couple prône le locavorisme, un mode de consommation qui privilégie une alimentation produite régionalement et un service presque direct du champ à l’assiette. « Nous misons beaucoup sur la sensibilisation du consommateur, poursuit celui pour qui l’autonomie alimentaire du pays est aujourd’hui une priorité, et nous pensons que cela passe entre autre par la transformation des pratiques agricoles sur le terrain. » Aussi impliqués au sein de leur commune que sur leur propre exploitation, Ingrid et Jean-Christophe Niautou proposent donc à leurs clients de faire leur propre expérience de la terre en ramassant eux-mêmes leurs légumes au gré des saisons.

    (Texte et Photos : Aude-Émilie Dorion)

 



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