L’intimitédu boudoir

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Comment découvrir sa féminité, se réapproprier son corps, travailler sur l’estime et la confiance de soi en s’appuyant sur plusieurs techniques, dont l’effeuillage ? C’est ce que propose le Boudoir de ces Dames. Des ateliers de partage entre femmes qui apportent un mieux-être dans une ambiance conviviale.

Elles sont une quinzaine à participer à ce premier atelier organisé par Gaëlle, alias Mademoiselle B. Après une petite présentation de chacune d’entre-elles dans la bonne humeur, Mademoiselle B rappelle les sujets qui vont être abordés lors des dix séances qui ont pour objectif de faire découvrir ou redécouvrir aux participantes leur féminité sous toutes ses facettes. « Le Boudoir de ces Dames est une ode aux féminités plurielles, relève Mademoiselle B. Lors de ces ateliers, les femmes présentes vont s’autoriser à exprimer leur féminité, ce qu’elles ont envie d’être, travailler sur l’estime de soi, la confiance en soi et l’amour de soi. » Des propos qui résonnent chez Mareva : « Moi qui suis transgenre, cela va m’apporter de l’estime de moi car nous sommes souvent jugés. Je veux pouvoir être une femme comme je l’entends ». Pour une autre participante : « Je veux me réapproprier mon corps que je n’aime plus. J’ai été une femme obèse, j’ai perdu énormément de kilos et je me trouve moins belle qu’avant sans mes rondeurs. »

Un acte militant

Mademoiselle B propose à ces femmes une boîte à outils dans laquelle elles vont puiser, pouvoir s’approprier ceux qui leur correspondent le plus et qu’elles pourront appliquer dans leur vie quotidienne, en s’appuyant sur des techniques qui mélangent le théâtre, le coaching, l’effeuillage. « Pour moi, le burlesque est un acte féministe, militant et politique que je veux transmettre et qui consiste à revendiquer la liberté de choisir librement de s’effeuiller et ainsi d’interroger la place de la femme, de l’homme dans la société, ses codes, ses genres », affirme Mademoiselle B. Et d’ajouter : « La séduction est très normée. Elle a ses codes. L’idée est de prendre conscience de ces codes, de se les approprier ou de les déconstruire, de les garder ou pas pour être réellement soi-même. » Un discours qui fait sens pour Alyne : « J’ai décidé de participer aux ateliers du Boudoir de ces Dames car je souhaite découvrir ma vraie féminité, celle qui n’est pas imposée par les diktats patriarcaux. Je cherche à travers l’appropriation d’outils classiques du burlesque exprimer pleinement et en toute conscience cette féminité. »

Camper sur des talons

aiguilles Pour ce premier atelier, les talons sont à l’honneur, un des accessoires incontournables du burlesque. Leur histoire est rappelée par Mademoiselle B afin de comprendre leur symbolique au-delà du simple objet. « Ce sont d’abord les hommes qui ont porté des talons, des chaussures compensées, explique t-elle. En Egypte, les bouchers en portaient pour ne pas se souiller, les Mongols pour monter à cheval. Les talons se sont démocratisés en Europe au XVIe siècle. Ils n’étaient pas genrés comme ils le sont aujourd’hui. » Les féministes les ont perçus comme un objet de domination masculine. « Mais il convient d’avoir une réflexion personnelle sur le fait d’en porter ou pas. Est-ce que je me sens bien en portant des talons ? Est-ce que cela correspond à ma personnalité ou est-ce que c’est une obligation d’en porter, dictée par nos conditionnements, par la société, par mon métier ? », souligne Mademoiselle B. Après avoir posé ces questions, l’atelier s’est poursuivi avec des travaux pratiques. Les participantes ont toutes chaussé leurs talons et marché dans la pièce. Elles se sont essayées à une marche dynamique, une marche chaloupée, plus sensuelle. « L’essentiel est que chacune ait sa propre marche, qu’elle la maîtrise », indique-t-elle. Un moment joyeux où les femmes s’amusent et où déjà une complicité se dessine entre les participantes. « J’ai envie qu’elles se libèrent, dire qui elles sont en tant que femme sans complexe, affirme Mademoiselle B. Et le groupe est important et sécurisant, l’effet de sororité est primordial car il va permettre d’être accompagnée, de ne pas se sentir seule, de se soutenir et je suis certaine que des amitiés vont naître. » Ce qui rejoint les propos d’Alyne : « Je ressens déjà cette entraide, cette solidarité, cette sororité et ces partages en toute confiance qui émanent du groupe. »



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