À vos pinceaux les petits Picasso

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Mais pourquoi tous les parents rechignent-ils ainsi à ce que leur progéniture s’installe pour un atelier peinture sur la table du salon ? Petite séance de dédramatisation…

 

Lorsque nous nous remémorons notre lointaine expérience de la peinture sur feuille, apparaissent dans le désordre quelques images plutôt dissuasives : un verre dans lequel stagne une mixture trouble, entre le marron et le verdâtre, et qui fi nit toujours par se répandre sur la table ; des pinceaux pelés, au maniement incertain et imprécis ; des blouses aff reuses ; des oeuvres enfin, reléguées au fond d’une boîte elle-même confi née dans la partie inaccessible d’un placard où on la condamnera à l’oubli. Du coup, réitérer l’expérience à trente ans d’écart n’a rien de spécialement emballant. On se dit qu’il y a tout ce qu’il faut à l’école des enfants pour qu’ils patouillent joyeusement dans les couleurs primaires sans nous causer d’autres tracas que celui de les mett re au bain et de passer leurs vêtements au lave-linge… Mais comme nous sommes des parents modernes et dynamiques, toujours prêts à encourager l’épanouissement artistique de nos chères têtes blondes, on tente quand même le coup, de temps à autre. Voici quelques conseils pour se réconcilier avec ces ateliers crises de nerfs, qui, bien organisés, peuvent se transformer en apaisants moments d’échange…

Étape 1 : préparer le terrain

Tout d’abord, pas de précipitation. Comme en cuisine, il faut faire place nette. Pour s’installer, on préférera d’ailleurs la table de la cuisine, bien plus commode à nettoyer que celle du salon (penser à une toile cirée qui devient vite indispensable lorsqu’on a des enfants).

Une fois l’endroit commodément installé, on évite de reproduire les erreurs du passé. Pour cela, toujours comme en cuisine, on fait l’inventaire de son matériel : la blouse d’un autre âge sera utilement remplacée par ce vieux tee-shirt informe et terriblement « tue l’amour » que l’on ne met plus que pour dormir et qui pourra être jeté immédiatement après usage, sans avoir à passer par la case lave-linge.

Étape 2 : le choix des armes

Les fournitures aussi seront recyclables : vieille éponge, bouchons de liège, cotons-tiges, petites voitures…, laissez libre cours à votre imagination, pourvu que vos artistes puissent tracer, tamponner ou frott er à leur guise. Le tout sera transporté dans une petite bassine pratique pour nettoyer le terrain à la fi n des hostilités. Avant d’investir dans des pinceaux et des rouleaux en mousse, on peut réutiliser le matériel de pâte à modeler (l’inverse serait plus diffi cile) : rouleaux à empreintes, formes, couteaux ou stylets pour « graver » dans la peinture fraîche seront d’une aide précieuse.

Étape 3 : de la peinture à doigts sinon rien

La peinture aussi doit être choisie judicieusement : laissez au rebut tout ce qui nécessite l’apport du fameux verre d’eau ! La palette d’aquarelle est à réserver aux enfants plus âgés, habiles et expérimentés. Les tubes de gouache sont aussi à proscrire : peu rentables, ils ont tendance à s’user trop vite ou à sécher. Quant au tube, il n’y a qu’à voir celui du dentifrice pour comprendre. Nous nous rabatt rons donc sur la très pratique peinture à doigts lavable et multicolore. Conditionnée dans des pots à grande ouverture, parfois même estampillés « anti-débordement », elle accueille toutes sortes d’ustensiles de peinture, voire des petits bouts de doigt maladroits, d’où son nom. Ni trop liquide ni trop épaisse, elle ne détrempe pas la feuille et sèche rapidement. Bref, vous ne jurerez bientôt plus que par elle.

Pour les supports, on peut là aussi varier les plaisirs : papier journal ou kraft , carton ou Canson, blanc ou coloré, la seule règle cett e fois-ci réside dans le choix du format : grand ! Plus l’enfant est petit, plus ses mouvements naturels sont imprécis et désordonnés. Laissez-le « peinturlurer » sa feuille avant de lui demander de s’appliquer sur un détail.

C’est vous le coach

Une fois que tout est prêt, laissez votre bout de chou découvrir tout seul ce qu’il peut faire et avec quoi. Cette liberté est nécessaire pour qu’il se sente à l’aise et y prenne du plaisir. Votre rôle sera de réguler (le nombre de couleurs par exemple), de montrer divers gestes ou techniques, d’encourager et, surtout, de féliciter votre artiste en herbe.



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