Accros aux jeux vidéo

Partager :

« Il passe sa vie devant sa console. Je ne sais plus quoi faire... »
Une petite phrase sibylline prononcée par bien des parents inquiets de voir leur gamin se transformer en joueur compulsif. Pas de panique. Mais une vigilance s’impose.

 

Sur le sujet des jeux vidéo, les psychologues eux-mêmes sont partagés : certains considèrent que les jeux vidéo présentent un réel danger d’addiction et de rupture avec le réel ; d’autres pensent au contraire que, sur l’ensemble de la population des pratiquants, le bilan de ces jeux est plutôt positif, même s’il ne faut pas nier l’existence de cas pathologiques bien réels. On estime que moins de 5 % des utilisateurs de jeux vidéo ont un problème et les cas de dépendance chez les enfants de moins de 12 ans sont rarissimes.

Avant toute chose, il faut savoir repérer les symptômes de la dépendance. Quelques indices : il joue tous les jours, souvent pendant plusieurs heures ; il ne parvient pas à diminuer le temps passé à jouer ; il est irritable lorsque vous lui interdisez de jouer ou qu’il n’a pas accès à son jeu ; il choisit les jeux vidéo au détriment des activités sociales ou sportives et même de ses études (devoirs négligés, école buissonnière, etc.) ; il lui arrive de manquer des repas pour jouer ou de jouer jusque tard dans la nuit ; il tente de dissimuler le temps passé à jouer aux jeux vidéo...

Aux parents qui trouvent que leur progéniture consacre trop de temps aux jeux vidéo, il faut rappeler que ce sont avant tout des jeux qui présentent certains avantages objectifs : la majorité des jeux vidéo stimulent l’attention, la motivation, la concentration, la mémoire, la résolution de problèmes, la reconnaissance visuelle des personnages et des objets, la rapidité, un début de logique et une bonne coordination oeil-main. La patience de l’enfant est aussi mise à l’épreuve, puisque l’échec y est fréquent et que l’enfant doit souvent recommencer le même niveau. Par ailleurs, ces jeux peuvent aussi favoriser les échanges avec d’autres enfants qui partagent la même passion, discutant entre eux du plaisir de tel ou tel jeu, se donnant mutuellement des trucs pour traverser les obstacles. Certains jeux encourageraient les enfants à une certaine interactivité et susciteraient parfois l’envie de pratiquer des activités sportives. Par ailleurs, les adeptes de jeux vidéo sont réputés obtenir de meilleurs résultats scolaires, notamment en mathématiques et en lecture. Finalement, le fait de maîtriser un jeu peut avoir un effet positif sur l’estime de soi de l’enfant.

LES ÉCRANS CONTRIBUENT À LA SÉDENTARITÉ

Mais évidemment, il y a le revers de la médaille. En effet, les jeux vidéo peuvent procurer une certaine excitation au joueur et ils sont réputés être à l’origine de la libération de neurotransmetteurs associés à l’euphorie (dopamine, endorphine). Leur effet, pour certains utilisateurs, pourrait donc s’apparenter à l’effet d’une drogue. Certains jeux mettent en scène un monde virtuel qui peut parfois présenter plus d’attrait pour le joueur que le monde réel dans lequel il évolue. Un adolescent qui n’a pas beaucoup d’amis, mais dont l’avatar est un véritable héros dans le monde virtuel peut en arriver à se détourner de plus en plus de la réalité, moins gratifiante que le jeu. Les consoles de jeux vidéo, les jeux d’ordinateur ou les tablettes ne peuvent pas remplacer les jouets traditionnels. Un sondage réalisé dans dix pays révèle que les enfants de 2 à 5 ans présentent davantage d’habiletés virtuelles que d’habiletés motrices. Par exemple, 66 % savent jouer à des jeux simples sur ordinateur alors qu’ils sont seulement 58 % à savoir faire du vélo ! L’exposition excessive aux écrans contribue à la sédentarité des enfants. Les jeux d’écran se pratiquent au détriment des activités sportives et du jeu libre à l’extérieur. Les jeunes qui passent plus de deux heures par jour devant un écran jouent 30 minutes de moins à l’extérieur que les autres enfants. Cela contribue à augmenter le risque de surpoids et d’obésité. Bref, du pour et du contre. Tout dépend surtout du temps passé à jouer. Mais dans tous les cas, vous pouvez appliquer quelques principes de base :

• Ne pas interdire. L’interdiction est avant tout un puissant stimulateur de transgression que les enfants savent parfaitement bien utiliser. Interdits à la maison, les jeux seront consommés chez les amis, sur Internet…

• S’initier aux jeux car pour mieux sortir l’enfant du jeu, il est préférable d’y entrer avec lui ! En s’intéressant à son univers, les parents auront rapidement une représentation moins fantasmatique des jeux vidéo. Cette initiation leur permettra surtout de poser les bases d’un dialogue critique et constructif.

• Fixer des règles réalistes. En d’autres termes, autoriser 30 minutes de jeux par semaine équivaut à une déclaration de guerre ! En revanche, établir un temps limite par jour (de 45 à 60 minutes, selon l’âge), préciser les lieux où les jeux sont permis (salon ou chambre), définir, en fonction là aussi de l’âge de l’enfant, quels types de jeux sont autorisés, conditionner des bonus de temps de jeu à la performance scolaire, adapter les durées de jeu, en plus ou en moins, selon la quantité des devoirs, etc., constituent autant de « trucs » qui donnent un cadre structurant à l’utilisation des jeux vidéo.

• Démystifier pour ne plus diaboliser. De la pratique un peu exagérée au risque de désocialisation, il y a un monde ! Ne pas hésiter à parler des jeux vidéo avec l’enfant. Quelles sont les nouveautés ? Quels jeux l’enfant préfère-t-il ? Pourquoi ? Faire parler l’enfant sur l’objet de sa fascination permet aux parents de mieux comprendre les ressorts de « l’envoûtement », et par conséquent d’agir à bon escient.

• Proposer des moments de partage. Jouer avec son enfant est un des meilleurs moyens pour se rapprocher de lui et, le cas échéant, prévenir les dérives.

Sources : Grainedecurieux.fr, Huffingtonpost.fr,
Sante-medecine.commentcamarche.net, Naitreetgrandir.com



Partager :