Dentiste : Même pas peur !

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Certains enfants développent une peur bleue du dentiste ! Dans la plupart des cas, ce sont les mauvaises expériences des parents et grands-parents qui alimentent ces craintes. Quelques informations pour nous aider à apprivoiser et vaincre la peur du dentiste…

 

PEUR ANCESTRALE, PEUR D’ANCÊTRES

Cette peur ancestrale remonterait au Moyen-âge, à cette époque où les soins dentaires se résumaient souvent à l’arrachage de dents. Pourtant, on est aujourd’hui bien loin de ces pratiques. Alors pourquoi cette peur est-elle toujours aussi solidement ancrée ? Nos enfants ont la chance de connaître des soins dentaires d’une qualité exceptionnelle, réalisés par des gens soucieux de leurs patients et des résultats engendrés. Nous sommes très loin de ces « arracheurs de dents » de l’époque de nos grands-parents et même de nos parents. Beaucoup de craintes sont transmises aux enfants : l’anxiété vis-à-vis de la douleur, l’anesthésie, les bruits et les vibrations des divers instruments utilisés par le dentiste. Une étude menée par des chercheurs espagnols suggère que la peur du dentiste est héréditaire. Les enfants craindraient davantage le dentiste lorsque leurs parents et surtout leur père en ont également peur. « Bien que les résultats doivent être interprétés avec précaution, les enfants semblent faire principalement attention aux réactions émotionnelles de leur père quand ils décident si les situations chez le dentiste sont potentiellement stressantes », explique Lara Sacido, qui a participé à l’étude. Cette découverte pourrait avoir plusieurs implications ; les auteurs de l’étude indiquent qu’elle souligne le besoin d’impliquer les parents dans les campagnes de prévention visant à réduire cette peur du dentiste.

SE RASSURER, RASSURER L’ENFANT

Votre enfant a une carie, il s’est cassé une dent ou bien il s’agit tout simplement de son contrôle annuel : pas moyen d’échapper à la visite chez le dentiste. Votre enfant s’inquiète ? Vous aussi ? Faites confiance à ce professionnel pour dédramatiser la situation ! Soyons rassurés, les dentistes d’aujourd’hui utilisent des termes très simples pour expliquer aux enfants à quoi servent leurs instruments et pour décrire ce qui sera fait dans leur bouche. Ils parlent avec une voix calme et rassurante, ne brusquent pas les enfants craintifs et racontent même parfois des histoires pour les distraire. Il est important de laisser au personnel dentaire le soin d’expliquer à votre enfant comment se déroulera sa visite. Le dentiste peut rassurer l’enfant mais l’enfant est-il vraiment le seul à devoir être rassuré ? N’oublions pas que notre peur de parent peut se transmettre subtilement à l’enfant par nos comportements, notre attitude vis-à-vis du dentiste, par un simple regard. Toute forme d’anxiété manifestée sera perçue par l’enfant. Alors à nous de commencer par nous apaiser et nous réconcilier une bonne fois pour toutes avec ce personnage en blanc !

EN SITUATION

Première visite

Parler à l’enfant de la visite chez le dentiste, en limitant les détails. Répondre à toute question par de simples réponses. Laisser le dentiste ou le pédodontiste répondre aux questions plus complexes.
• Ne jamais dire à l’enfant que quelque chose causera de la douleur ou fera mal.
• Ne jamais raconter à l’enfant une expérience désagréable que le parent a eue chez un dentiste.
• Mettre l’emphase sur l’importance de l’hygiène dentaire de l’enfant à la maison, et expliquer que le dentiste est une personne amicale qui s’assure que les méthodes d’hygiène sont bonnes.
• Ne pas promettre une récompense après la visite chez le dentiste.

Il faut se rappeler qu’il est normal qu’un enfant soit plus ou moins craintif, soit parce qu’il est séparé du parent, soit par peur de l’inconnu.

dentiste01Visite de contrôle

Depuis qu’il est petit, vous emmenez votre enfant une fois par an chez le dentiste pour vérifier que tout va bien. Cette prévention est essentielle : si un enfant évite les caries sur ses dents provisoires, il aura moins de risques d’en avoir sur ses dents permanentes. • Évitez de lui donner trop de détails sur le déroulement de cette visite, vous risquez de l’inquiéter. Expliquez-lui que le dentiste va regarder ses dents, les compter et lui montrer comment bien les brosser. Simple et rassurant !

dentiste02Alerte carie !

Pas de panique : le traitement d’une dent de lait est beaucoup moins douloureux que celui d’une dent définitive. Le tissu dentaire est moins innervé donc moins sensible. Et si besoin, le dentiste fera une petite anesthésie en mettant un baume sur la gencive.
• Si le dentiste vous demande de rester dans la salle d’attente, ne le prenez pas mal. L'enfant est plus serein seul avec le dentiste : il se sent traité comme un « grand ». Surtout n’oubliez pas de toujours lui expliquer ce qu’il se passe et pourquoi : « Le petit trou dans la dent, ce sont des microbes qui l’ont fait en se nourrissant du sucre qui restait dans ta bouche. Voilà pourquoi il faut bien se brosser les dents. » Vous voilà maintenant armée pour pallier l’inquiétude de votre enfant. N’oublions pas qu’en tout temps, vous devez rester calme et ne pas vous montrer fâchée ou désappointée par son comportement. Malgré tous ces trucs et conseils, il est possible que l’enfant ait une réelle frayeur du dentiste et panique lors de son traitement. Ne prenez pas ses craintes à la légère : cela pourrait lui enlever sa confiance en vous. Prenez le temps d’en parler à votre dentiste, il saura vous conseiller et même, si nécessaire, vous orienter vers un spécialiste pour les enfants.

APPRIVOISER LA PEUR

Prendre au sérieux la peur de l'enfant, sans le ridiculiser ni le gronder. Même si elle est irraisonnée ou semble anodine, la peur est réelle. Vous n’avez aucun avantage à la minimiser ni à trop réagir ou à surprotéger, car cela renforcerait la peur.

Renforcer son courage. Lui rappeler des situations où il n’a pas peur ou d’autres où il a réussi à vaincre sa peur.

Décoder ses signaux de peur. Sans les nommer, l'enfant peut montrer qu’il a peur lorsqu’il se cache, ou ferme ses yeux, etc.

Favoriser l’expression de ses émotions pour qu’il apprenne à nommer ses peurs et en parler avec lui. Les mots aident les jeunes enfants à maîtriser leurs émotions.

Faire le point sur vos propres peurs et réactions. Êtes-vous du style à courir devant une araignée ou une abeille ? Si c’est le cas, vos paroles ne suffiront pas à convaincre votre enfant de ne pas avoir peur.

Confier vos propres peurs enfantines, en prenant soin d’en choisir une autre que la sienne : « Toi, tu as peur des chiens mais moi, j’avais peur des chats ! Pourtant, tu vois, les chats sont gentils, tout comme les chiens. »
Lorsque vous sentez que l'enfant est capable d’affronter ses craintes, encouragez-le avec douceur, en le mettant petit à petit en contact avec ce qui le terrifie. Peu à peu, sa peur diminuera, et son sentiment de sécurité augmentera.

Bien choisir les mots. Si, avant de vous rendre chez le médecin ou le dentiste, vous dites : « N’aie pas peur, ça ne fera pas mal ! », vous venez de lui envoyer un message de danger. Préférer plutôt : « Tu verras, ce médecin est très doux et gentil. »

Utiliser les jeux, les dessins et les histoires. Si votre bébé a peur de se séparer de vous, faites le jeu du coucou ! C’est un excellent moyen d’apprivoiser son angoisse. Dessiner, peindre ou modeler peut aider l'enfant à exprimer ses peurs. Si il a peur des chiens ou des fantômes, vous pourriez lui raconter des histoires sur un gentil chien ou un gentil fantôme !

S’interroger sur les raisons de ces peurs : un divorce, un déménagement, une recomposition familiale ou un souci en milieu de garde.



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