Help! Il ne veut (toujours) pas aller à l'école

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Un mois après la rentrée, votre enfant ne veut toujours pas aller à l’école et trouve de multiples excuses pour expliquer ce refus. Parfois même, il développe de véritables crises de panique. Ne minimisez pas la situation et prenez le temps de l’écouter voire de vous faire aider.

Qu’on la nomme « phobie scolaire », « anxiété scolaire » ou « refus scolaire anxieux », c’est la même manifestation qui se cache derrière ces différentes appellations : « une peur intense de l’école, qui conduit l’enfant à éviter systématiquement de s’y confronter », résume la psychologue Béatrice Copper-Royer dans son livre Peur du loup, peur de tout (Albin Michel) en expliquant : « vivre avec d’autres du même âge, apprendre, être curieux, être évalué, se mesurer aux autres, faire plaisir aux parents en réussissant ou s’opposer à eux insidieusement en ne faisant rien : les enjeux sont nombreux, et pas des moindres. »

Une peur intense de l’école, qui conduit l’enfant à éviter systématiquement de s’y confronter

Ces signes qui alertent

Comment savoir si son enfant souffre réellement de l’école ? Certains signes doivent interpeller. Les symptômes physiques d’abord : il est pris de véritables attaques de panique lorsqu’il part à l’école, de crises d’angoisse, ou encore de violentes douleurs (à la tête, au ventre…). Et puis dans ses paroles : il crie, supplie qu’on le laisse rester à la maison, menace de fuguer, voire de se suicider. Enfin, il trouve toujours ailleurs des explications à sa crainte d’aller en classe (« les profs ne m’aiment pas », « les autres élèves m’embêtent »…). Dans la plupart des cas, les symptômes disparaissent les jours sans école, comme les week-ends, et surtout, pendant les vacances scolaires.

Des raisons multiples

De nombreuses raisons peuvent expliquer le refus d’aller à l’école. Il peut s’agir d’un ensemble de facteurs qui s’accumulent, comme un manque de confiance en soi, un déménagement récent ou une mauvaise entente avec un élève. Voici les causes les plus courantes :

  • L’enfant vit difficilement le fait d’être séparé de ses parents. S’éloigner d’eux ou de sa maison provoque son insécurité et il peut craindre qu’un malheur arrive à ses parents;
  • Il a du mal à se mêler aux autres enfants;
  • Il vit des conflits à l’école et ne sait pas comment les résoudre;
  • Il est victime d’intimidation;
  • Il manque de confiance en soi ou a peur de vivre des échecs. Il ne veut pas faire d’erreurs, il a peur d’être critiqué, de rater un examen;
  • Il souffre de difficultés d’apprentissage et il ne sait pas comment les surmonter;
  • Les attentes envers lui sont trop élevées;
  • Il est surprotégé par ses parents;
  • Il a du mal à s’adapter à un changement (déménagement, changement d’école ou d’enseignant(e), séparation, maladie);
  • Il y a des conflits à la maison.
 

Comment réagir ?

Dès qu’un parent repère chez son enfant des difficultés à aller à l’école, que celui-ci affirme qu’il n’aime pas ça et essaye de la fuir, il faut entamer un échange avec lui et tenter de comprendre pourquoi.

  • Avant tout, insistez pour que votre enfant aille à l’école. Ne pensez pas que son anxiété partira d’elle-même. Encouragez-le à affronter ses peurs tout en le rassurant. Dites-lui qu’il est normal d’avoir des craintes, qu’il est capable de les affronter et que vous êtes là pour lui;
  • Essayez de connaître la cause des peurs de votre enfant et aidez-le à identifier ses émotions. Posez-lui des questions, sans trop insister, mais restez à l’écoute. Il est important de ne pas se moquer de lui et de ne pas nier ses peurs;
  • Il est conseillé de fixer un moment dans la journée où il pourra vous parler de ses craintes. Invitez-le à respecter ce moment, et profitez-en pour le rassurer. Il est important de cibler un moment précis, puisque si l’enfant se fait toujours rassurer, son anxiété augmentera et il cherchera à se faire rassurer encore plus. En offrant cette occasion à votre enfant, vous lui permettez d’exprimer ses craintes sans que celles-ci envahissent son quotidien;
  • Aidez-le à trouver des façons de se détendre et de gérer ses émotions et son stress. Si tout risque de maladie a bien été écarté, n’accordez pas trop d’importance à ses plaintes au sujet de malaises physiques;
  • Essayez d’identifier avec lui ses pensées négatives et aidez-le à les remplacer par des pensées positives. Par exemple, vous pouvez faire une feuille sur laquelle vous écrirez ce que votre enfant peut faire de plaisant à l’école (p. ex. : apprendre de nouvelles choses, se faire des amis, jouer à de nouveaux jeux…);
  • Récompensez votre enfant lorsqu’il réussit à affronter ses peurs. N’oubliez pas de lui dire que vous êtes fier de lui;
  • Essayez de rester calme. Si vous démontrez de l’anxiété, du stress ou de la frustration, vous risquez de rendre votre enfant encore plus anxieux;
  • Lorsque vous lui parlez de l’école, soyez affirmatif, ne laissez pas de place au doute. Dites par exemple : « Prépare-toi pour l’école » plutôt que : « Es-tu prêt pour l’école? » Utilisez « quand » au lieu de « si » :« Quand tu seras à l’école demain […] » plutôt que : « Si tu vas à l’école demain […] »;
  • Si vous êtes incapable de l’envoyer à l’école, établissez des règles et restez ferme pour ne pas rendre la journée à la maison attrayante. Ne permettez pas la télévision, les jeux vidéo ou toute autre activité plaisante. Faites-lui faire des devoirs. Surtout, ne laissez pas cette situation se prolonger.
  • Il faut aussi aller en parler avec l’équipe pédagogique, le médecin scolaire, et surtout, ne jamais négliger la possibilité que l’on puisse avoir besoin de se faire aider.

 



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