Si l’instinct maternel n’existe pas, l’amour maternel, lui, est un sentiment qui grandit au fur et à mesure de la relation que l’on noue avec son enfant.

Si l’instinct maternel n’existe pas, l’amour maternel, lui, est un sentiment qui grandit au fur et à mesure de la relation que l’on noue avec son enfant.

L’instinct maternel à la loupe

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Certains y croient dur comme fer, d’autres trouvent le concept ridicule… Quoi qu’il en soit, l’instinct maternel est un sujet qui suscite les passions. Faisons le point.

 

C’est l’instinct maternel, ça ! ». Quelle mère n’a jamais entendu cette phrase, répétée inlassablement comme une évidence ? Si, pour certains, le rôle de mère est déjà programmé dans les gènes des femmes, pour d’autres, la maternité résulte d’une lente construction sociale. Entre idées reçues et recherches scientifiques, il est temps de faire le point sur ce sujet vieux comme le monde et qui peut parfois angoisser les jeunes mamans…

Mythe ou réalité ?

Existerait-il des instincts sociaux qui pousseraient les mères à nourrir, à s’occuper et à défendre leurs petits comme le feraient les espèces animales dans la nature ? À en croire les travaux de Charles Darwin, l’instinct maternel ne serait pas une légende et serait même inné chez les femmes et les femelles. Une conclusion un peu hâtive de la part du célèbre naturaliste, largement remise en question par de nombreux anthropologues et psychologues un siècle plus tard.

Ouvrage de référence sur le sujet, L’Amour en plus, écrit par Élisabeth Badinter en 1980, a donné, à l’époque, un grand coup de pied dans la fourmilière. Reprenant les travaux sur l’histoire de l’enfance, l’auteur explique que l’amour maternel n’est pas une donnée naturelle mais résulte d’une culture et d’une construction personnelles, tout en rappelant que l’image d’Épinal de la mère nourricière totalement dévouée à son enfant n’est en fait que très récente. Une thèse corroborée par bon nombre de chercheurs et de scientifiques qui affirment aujourd’hui sans équivoque que l’instinct maternel n’existe pas, le terme « instinct » renvoyant d’ailleurs à des comportements liés à une espèce. Si cela est vrai pour les animaux, il ne peut l’être pour l’Homme, doté d’une conscience, de sentiments et d’un libre arbitre. Bref, le comportement de l’être humain ne peut être programmé : chez les femmes, le lien maternel serait exclusivement le fruit de la culture et de l’histoire personnelles de chacune.

Un sentiment de culpabilité

Ainsi, pour beaucoup, asseoir la notion d’instinct maternel comme une évidence, c’est surtout réduire les femmes à leur statut de génitrice, niant toute la psychologie et les interactions sociales qui construisent une personne. Et s’il existe en effet des mécanismes biologiques indéniables qui lient une mère à son enfant, confondre l’instinct avec l’amour maternel peut faire beaucoup de tort.

En effet, chez certaines mères, l’élan maternel n’est pas systématique et la relation avec le nouveau-né peut prendre plus de temps à se nouer. Faire de l’instinct maternel une vérité crée parfois de la culpabilité (elle est déjà là !) et une pression énorme chez les jeunes mamans qui peuvent se sentir très vite mal à l’aise dans leur nouveau rôle. Un poids de la société dont il est difficile de se débarrasser tant les clichés ont la vie dure...

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