Mère-fille, un cordon parfois (trop) solide

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Héroïne des temps modernes, elle vous a donné la vie et un amour inconditionnel. Mais si votre maman est évidemment importante, elle ne doit pas régenter votre vie.

Tandis que certains adolescents n'hésitent pas à claquer la porte très tôt pour partir voler de leurs propres ailes, d'autres oisillons ne quittent jamais réellement le nid maternel, du moins au niveau psychologique. C'est particulièrement vrai pour les filles qui peuvent développer des liens de forte complicité et d'intimité avec leur mère, censée leur transmettre tous les codes, règles et us de la féminité. Une relation fusionnelle que ni la distance ni le mariage ne semblent pouvoir émailler…

Le phénomène de la "meilleure amie"

Après un rendez-vous amoureux, c'est la première personne que vous appelez. C'est d'ailleurs avec elle que vous avez envie de partager n'importe quelle bonne nouvelle ! La composition de son numéro est un réflexe automatique en cas de doute, d'angoisse ou de problème. Mais vous n'avez finalement pas besoin de raison particulière pour l'appeler ou la voir toutes les semaines.
Complicité naturelle ou fusion dangereuse ? La frontière est ténue, d'autant plus que bon nombre de mères entretiennent aujourd'hui une relation de « copine » avec leur fille, réduisant de ce fait la distance affective et matérielle entre elles. Mais il n'est pas nécessaire d'appeler tous les jours sa maman pour tomber dans la relation fusionnelle. Même à des centaines ou des milliers de kilomètres, certaines femmes adultes continuent d'aborder la vie avec les yeux de leur mère. Juger un homme d'après ses critères à elle, imiter ses choix et rechercher son approbation, sont autant d'autres manifestations de cette dépendance inconsciente ou non.

"Mam'" avant tout

Le problème, c'est qu'une telle relation fusionnelle peut être destructrice sur le long terme. Impossible de partir vivre à plus de quelques heures du giron maternel sans culpabiliser. Surtout que le chantage affectif n'est jamais loin… Difficile également de nouer des amitiés avec des personnes de son âge, lorsque sa maman demeure sa première confidente. Il n'est en outre pas rare que la sexualité d'une fille pâtisse de son trop grand attachement à sa mère. Une conséquence logique puisque c'est à travers la découverte de la sexualité que l'enfant commence à se séparer symboliquement de ses parents…
Quant à tomber amoureuse et fonder sa propre famille, cela passe d'abord par l'aval tacite de maman ! Le gendre doit d'ailleurs se résigner à passer au second plan, même après avoir construit sa propre famille. Au lieu d'un couple, c'est un trio de parents qui se crée, dans lequel la grand-mère occupe une place prépondérante dans l'éducation de la seconde génération.

Gagner sa liberté 

L'entourage est en général le premier à affirmer qu'il va falloir « couper le cordon », bien avant les principales intéressées. Un passage essentiel pour pouvoir s'épanouir pleinement en tant que femme. À condition toutefois d'être consciente du problème et d'avoir la motivation nécessaire pour prendre sa liberté.
En pratique, ce fameux « cordon » ne peut toutefois pas se couper aussi simplement qu'une ficelle. Il faut prendre ses distances au niveau psychologique et physique pour retrouver votre identité et déterminer quel rôle joue actuellement votre maman dans votre vie et quelle place vous souhaitez lui donner à l'avenir pour atteindre l'équilibre. Un psychologue peut vous accompagner dans ce long cheminement.

 

 



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