Oui, il existe : le chouchou de la famille

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Voilà une réalité qui s'avère bien difficile à avouer. C'est pourtant un fait : les parents n'aiment pas tous leurs enfants avec la même intensité. Quelles sont les raisons qui sous-tendent ce qui reste aux yeux de la société un véritable sujet tabou ?

En 2013, une étude anglo-saxonne publiée sur le site Parentdish quantifiait un phénomène immémorial que la plupart des parents ne souhaitent pourtant jamais évoquer. L'enquête, conduite auprès de plus de 2 000 personnes, stipulait qu'un tiers des parents britanniques avait une préférence pour un de leurs enfants. 

Un tiers des parents a « son » préféré 

Cette inclination, qui concernerait davantage les mères (34 %) que les pères (28 %), a de nombreuses causes et d'importantes répercutions sur toute la fratrie. Cependant, l'un des points fondamentaux est qu'elle s'articule autour de la notion d'injustice, sentiment particulièrement dérangeant au sein d'une famille. Le chouchou bénéficie en effet de plus amples avantages que ses frères et sœurs. Tant qu'il s'agit d'un surcroît d'attention ou d'un traitement positivement différencié, le parent « préférant » persévérera à travestir la réalité auprès de ceux qui l'interrogent. Lorsqu'il s'agit de cadeaux, de biens ou d'aides matérielles, il n'en continuera toutefois pas moins de nier l'évidence.

Un héritage familial?

Pas facile, il est vrai, d'assumer cet amour exagéré, d'un point de vue extérieur aussi bien qu'intime. Cette notion de préférence renvoie en effet directement au passé du parent concerné. Quand il détourne une partie de son quota d'affection au profit d'un seul être, c'est en fait lui-même qu'il réconforte. Par exemple, un père ou une mère qui a toujours désiré un garçon va littéralement adorer celui qui arrive, surtout s'il naît après une ou plusieurs filles. D'autres vont surprotéger le petit dernier, comme ils auraient eux-mêmes aimé être protégés. Certains vont se reconnaître au contraire dans l'aîné(e), incarnant une sorte de double idéalisé. Il y a aussi le terrain des affinités. Le plus drôle, le plus intelligent ou le plus intrépide sera l'objet de préférence, en vertu de ce trait inné. Il en va de même pour les êtres chétifs, peureux ou handicapés, qui suscitent des sympathies colorées de motivations protectrices. Il paraît dès lors évident que seul un travail sur soi

La dure place du chouchou 

Et les chouchous dans tout ça ? Comment vivent-ils le cruel manque d'équité qui accable les autres ? Parfaitement bien ! Et pour cause : ils ont peu ou prou toujours baigné au sein de cette préférence, invisible ou manifeste. C'est avec les années que cette affection démesurée révèle ses mauvais côtés. Le premier point est que le chouchou sent bien que pour continuer à mériter cet amour, il va devoir se comporter tel que le parent l'entend, attente souvent inconsciente. En somme, enfermé dans un rôle unique, il n'est pas tout à fait maître de sa destinée. Cela ne s'arrête pas là. Celui ou celle qui a grandi en étant considéré comme le « trésor » ou la « princesse » de la tribu familiale pourra avoir du mal à composer avec la réalité du monde environnant, que cela concerne la sphère professionnelle, amoureuse ou même amicale. Enfin, rompre avec les parents est une entreprise aventureuse, souvent tétanisante au regard de l'hostilité ambiante, d'autant que les attentes sont au moins aussi grandes que l'investissement affectif. En dépit de tout ce qu'on peut projeter, il n'est donc pas facile d'être l'enfant préféré. 

Vidéo | extrait de l'émission "Les Maternelles" 


 

 



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