Les enfants précoces sont des enfants dont l'âge mental est de 2 à 7 ans en avance sur leur âge réel.

Les enfants précoces sont des enfants dont l'âge mental est de 2 à 7 ans en avance sur leur âge réel.

Votre enfant est-il précoce?

Partager :

Votre enfant vous semble particulièrement éveillé pour son âge ? Il est peut-être précoce. Signes annonciateurs, moyens de le détecter, prise en charge… Voici tout ce qu’il faut savoir pour l’aider à bien vivre cette différence.

« Surdoué », « en avance », « à haut potentiel », « précoce »… Les termes ne manquent pas pour définir un petit qui « percute » plus vite que ses camarades du même âge.

En France, c’est la formule “Enfant intellectuellement précoce” (EIP) qui est retenue par l’Éducation nationale depuis 2002, plus politiquement correcte que le terme « surdoué ». Problème : qualifier ces enfants de précoces revient à dire qu’ils seraient simplement en avance et que donc, un jour, ils pourraient être rattrapés par les autres. Ce qui n’est évidemment pas le cas. Au niveau international, le terme “haut potentiel intellectuel” est plus généralement employé, une formule qui peut mettre une certaine pression à l’enfant : s’il a un grand potentiel, il se doit de l’utiliser. Jeanne Siaud-Facchin, psychologue spécialiste des enfants surdoués, a, quant à elle, choisi d’appeler ces enfants les “zèbres”*. Pourquoi ce surnom rigolo ? D’une part, afin d’éviter les terminologies habituelles, trop confuses ou clichés. D’autre part, parce qu’elle trouve ces enfants atypiques, uniques et griffés par la vie comme le sont les équidés du même nom.

Les signes qui mettent la puce à l’oreille

Il existe des signes caractéristiques que l’on retrouve chez les petits zèbres. Certains se constatent dès la petite enfance. Les bébés zèbres sont en effet très toniques, observateurs, éveillés et petits dormeurs. Ce sont généralement des enfants qui s’expriment très bien, avec un vocabulaire rapidement riche, sans forcément passer par la phase « parler bébé ». Sans oublier leur curiosité débordante : les zèbres commencent à s’interroger très tôt sur des questions métaphysiques (la vie, la mort, l’espace, etc.) et apprennent souvent à lire très jeunes. Quatre-vingt-dix pour cent savent en effet lire avant la classe de CP. De grandes capacités d’apprentissage donc, ainsi qu’un sens critique bien affuté. Mais les zèbres présentent aussi des particularités sur le plan affectif : hypersensibilité, empathie, grande lucidité sur le monde qui les entoure et difficultés à avoir une bonne estime d’eux-mêmes.

À noter : c’est l’accumulation de ces caractéristiques qui doit amener les parents à s’interroger sur la précocité probable de leur petit.

© DR

Le zèbre à l’école

Lorsque l’on parle d’enfant précoce, on a souvent en tête le cliché du petit génie premier de la classe. Pourtant, la réalité est tout autre : près de la moitié des élèves à haut potentiel ont des difficultés scolaires. Presque un sur deux redouble et plus de 30 % d’entre eux n’arrivent pas aux études supérieures... « L’école éprouve des difficultés sérieuses à faire réussir ces enfants à la hauteur de leur potentiel. Et, plus grave encore, l’école, trop souvent, “maltraite psychologiquement”’ ces enfants qui ne rentrent pas dans le cadre », explique Jeanne Siaud-Facchin. Frustration, ennui, méthodologie pas adaptée sont autant d’éléments qui mènent une partie des zèbres vers l’échec scolaire. Et pour couronner le tout, ils sont souvent victimes de troubles associés à leur précocité, tels que la dysgraphie (difficultés à accomplir des gestes graphiques), la dyslexie ou encore la dysorthographie (trouble persistant de l’acquisition et de la maîtrise de l’orthographe). Ainsi, c’est généralement lorsqu’ils entrent au collège et qu’apparaissent les premières difficultés scolaires que ces enfants sont détectés.

Les méthodes de détection

Hormis le comportement de l’enfant et ses résultats scolaires, seuls des tests de QI permettent de dépister un zèbre. Ces tests étalonnés doivent se dérouler chez un psychologue formé et sensibilisé au sujet. La précocité est généralement définie par un score obtenu au-delà de 125. Actuellement, on utilise principalement les tests mis au point par Weschler, qui diffèrent selon l’âge :

- le WPPSI-R concerne les enfants de 2 ans et 11 mois à 7 ans et 3 mois. Il permet d’avoir un diagnostic clair et de mettre des mots sur la situation. Mais aussi de dialoguer avec l’école avant l’entrée au CP. À savoir : les résultats devront être confirmés et affinés par un deuxième test.

- Le WISC est utilisé entre 6 ans et 16 ans et 9 mois.

L’accompagner au quotidien


Une fois le diagnostic posé, un accompagnement adapté est indispensable pour que le petit zèbre s’épanouisse et qu’il fasse de son intelligence si particulière une force.

À la maison

► Hypersensible, le zèbre a sans cesse besoin d’être rassuré. Soyez donc attentive à son bien-être, sans pour autant lui accorder plus de passe-droits qu’à ses frères et sœurs.

► Expliquer sa différence à votre enfant est primordial. Le décalage, l’incompréhension entre lui et ses camarades sont sources d’angoisse. Mettre des mots est un moyen, pour lui, de comprendre cette différence et de l’apprivoiser pour en faire une force.

► Permettez à votre zèbre de satisfaire sa grande curiosité : achetez-lui des livres sur les thèmes qui l’intéresse, emmenez-le voir des expositions, à la médiathèque, etc.

► Il apprend très facilement, alors profitez-en pour lui faire faire les activités extrascolaires de son choix, comme de la musique, du sport, des échecs, etc.

► Attention à ne pas trop le pousser. Votre petit est précoce, mais il n’en demeure pas moins un enfant qui a envie de jouer et de rêver. Il aime être stimulé intellectuellement, mais il a aussi besoin de moments de calme et de détente.

► N’hésitez pas à inviter des copains à la maison. Cela évitera l’isolement et l’obligera à s’intéresser aux enfants de son âge.

À l’école

Le corps enseignant et le psychologue scolaire doit être prévenu et informé du diagnostic pour s’adapter à au zèbre, en demande constante d’apprendre et d’aller plus loin. L’enfant précoce doit en effet être considéré, à l’école comme à la maison, comme un enfant à besoins spécifiques.

L’accompagnement psychologique

Un accompagnement psychologique peut être nécessaire, à la fois pour l’épanouissement de votre zèbre, mais aussi pour celui de toute la famille.

► En Nouvelle-Calédonie, l’association Moaicaa-AEIP NC vient en aide aux parents de petits (et grands) zèbres, en proposant des permanences mensuelles à la maison de quartier de la Vallée-des-Colons, des groupes de parole et de réflexion, des conférences, etc. 

► Concernant la scolarisation des zèbres sur le Caillou, Anne-Marie Gobillot, conseillère d’orientation-psychologue au CIO (Centre d’information et d’orientation), est la référente EIP pour la Nouvelle-Calédonie. Son rôle consiste à  recevoir au CIO les parents et les zèbres scolarisés dans le secondaire, afin de les informer et d’analyser les éventuelles difficultés d’apprentissages inhérentes au fonctionnement cognitif atypique des EIP, avant de les orienter vers des psychologues habilités à effectuer les tests de QI. CIO de Nouvelle-Calédonie, tél. : 27 53 28.


* Dans son ouvrage L’Enfant surdoué, l’aider à grandir, l’aider à réussir, Éditions Odile Jacob.

Sources : Au féminin, Terrafemina, Psychologies, Les Vendredis Intellos



Partager :