Manger végé : l'avis de la diététicienne

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Limiter sa consommation de viande est-il dangereux pour la santé? Quels sont les avantages? Les réponses d'Alexandra Souprayen, diététicenne.

Le régime végétar(l)ien est-il bon pour la santé ?

Tout est affaire de contexte et d’individu. Parle-t-on de santé physiologique, philosophique ou publique ? Il est difficile de répondre de façon uniciste à cette question. La santé comprend des éléments et concepts bien plus larges que la simple notion de régime par exemple la santé physique, le bien être mental, la qualité de vie, les critères sociétaux…

Peut-on se passer de viande sans risques ?

Les viandes apportent majoritairement des protéines animales, si on les remplace par des aliments qui apportent aussi majoritairement des protéines animales, comme des œufs, des poissons, des fruits de mer, des produits laitiers, il n’y a aucun risque.
Il y a aussi la possibilité de les substituer par des aliments vecteurs de protéines végétales, comme les légumineuses et autres féculents variés, dont la teneur est cependant moins importantes en terme de quantité, il faut donc, encore une fois, bien connaître les équivalences.
La teneur en fer reste aussi à bien contrôler en veillant à un bon apport de légumineuses.

Quelle(s) carence(s) peut entraîner un régime végétarien? Comment les identifier ?

Si on connaît bien les équivalences en protéines des divers aliments vecteurs de protéines, l’alimentation de type végétarienne n’entraine pas de carences majeures dans le cas d’une personne en bonne santé.
Il est recommandé, toutefois, de rester vigilant avec les personnes âgées qui ont tendance à voir leur masse musculaire diminuer avec le temps afin de ne pas engendrer de dénutrition protidique. Avec un bilan sanguin biologique, on peut identifier des critères de dénutrition.
L’alimentation doit être très variée et bien équilibrée pour répondre aussi aux besoins de la croissance des enfants et des femmes qui expriment un désir de grossesse ou qui sont en cours.
Enfin, pour les personnes diabétiques, insuffisantes rénales ou souffrant d’autres pathologies chroniques, il est fortement recommandé de s’attacher les conseils et le suivi d’un professionnel de santé expert en alimentation humaine (médecin nutritionniste, endocrinologue, diététicien nutritionniste) et faire attention à ne pas prendre pour argent comptant tout ce que l’on peut lire surtout via internet (ou transmettre par des professionnels de médecine alternative) car tout le monde mange, donc tout le monde a son opinion en matière d’alimentation mais qui n’est pas forcement adaptée à tous les individus, les contextes sont fondamentaux à prendre en compte.

Dans ce type de régime, quels « produits » dois-je privilégier ?

Les aliments apportant des protéines comme les légumineuses ou autres féculents, sans négliger tous les autres aliments vecteurs de nutriments indispensables à la vie. Avant tout, bien connaître les divers aliments, les groupes d’aliments, leurs teneurs et leurs sources, afin de varier au maximum pour se positionner au plus près de l’équilibre alimentaire tant en quantité qu’en qualité. A rappeler que nous ne sommes pas en mesure de synthétiser nos nutriments, et qu’il faut donc aller les chercher dans les aliments, aussi variés que possible pour éviter les carences, comme les excès….

Est-ce que ce type d’alimentation fait maigrir ?

Comme tous les « régimes » qui rendent la nourriture plus monotone en excluant des familles entières d’aliments, on mange spontanément moins, même sans surveiller ses portions. De plus, lorsqu’on mange une alimentation privée d’une partie des produits d’origine animale, on réduit son apport en graisses. Dans le même temps, on augmente la part des glucides présents dans les céréales et les légumes secs.
Cette nouvelle répartition des nutriments caloriques (moins de graisses, plus de glucides) facilite elle aussi la perte de poids, jusqu’à un certain point et dans certaines conditions. Toutefois, on ne constate pas toujours une perte de poids avec ce type d’alimentation.

Peut-on continuer à adopter ce type de régime alimentaire lorsqu’on est enceinte ?

Il est très fortement conseillé d’avoir recours à des supplémentations, dans le cas du végétalisme, en Fer, en vitamine B12, en calcium et vitamine D, voire en protéines selon le contexte de la grossesse.
Les carences sont pratiquement incontournables en vitamine B12, dont les produits animaux restent quasiment la source unique (exception faite de certaines algues et d’aliments végétaux enrichis en B12), malgré des réserves hépatiques qui s’épuisent à terme sur des années, pouvant induire, par exemple, des atteintes neurologiques…
Les enfants en pleine croissance, sont aussi à encadrer de très très près quand ils sont alimentés selon un mode végétalien.



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