Maternité : Quand la femme devient sacrée

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Depuis la préhistoire, l’image de la déesse-mère hante les mythologies du monde entier, comme en témoignent statuettes, peintures et textes. Cette femme accouchant du monde est commune à toutes les civilisations, même si les représentations diffèrent. Nous vous proposons un petit tour d’horizon de la féminité à travers les âges.

 

Préhistoire

C’est sans doute la plus célèbre des statuettes paléolithiques : dotée de caractéristiques féminines exacerbées, la Vénus de Willendorf nous offre un véritable voyage dans le temps et nous propose une vision de la femme telle qu’elle était perçue par nos lointains ancêtres. Hypersexualisée, la divinité stéatopyge affiche cependant un ventre rebondi et une poitrine opulente qui évoquent indéniablement une incarnation de la mère nourricière. Les paléontologues ne parviennent cependant pas à s’accorder sur le sens à lui donner : idéal féminin ou symbole de fécondité ? Le mystère demeure entier.

Mythologie sumérienne

L’une des plus anciennes cosmogonies religieuses mettait déjà en scène une déesse primordiale : il s’agit de Nammu, mère du Ciel et de la Terre. De la séparation de ses deux enfants serait né notre monde. Une autre lui vole cependant la vedette : Ninhursag, la grande déessemère, dont le nom signifie « Maîtresse des collines ». Toujours en Mésopotamie, on trouve également une déesse de la fertilité, Ninlil, ainsi qu’une autre, Nintur, veillant spécifiquement aux accouchements. Autant dire que les couples désirant un enfant devaient s’équiper généreusement en offrandes…

Mythologie égyptienne

Bien évidemment, la prolifération des dieux en Égypte antique n’a pas dû non plus simplifier la vie des croyants… Nout, la déesse du ciel, aurait donné naissance à tous les astres, ce qui fait d’elle une divinité primordiale, mais elle incarne bien moins la maternité qu’Isis, souvent représentée en train d’allaiter un enfant. Les amis des bêtes auront sans doute un faible pour Bastet, protectrice du foyer à tête de chat, qui veille à ce que les accouchements se déroulent bien. La féline symbolise également la féminité.

Mythologies grecque et romaine

On le sait, les Romains ont tout piqué aux Grecs. Qu’on la nomme Héra ou Junon, la compagne de Zeus (ou de Jupiter) règne sur les cieux, et étend sa protection aux femmes, à l’institution du mariage et à l’accouchement. Elle est en revanche parfaitement dissociée d’Aphrodite (ou Vénus), qui incarne la beauté, l’amour et la sexualité.

Mythologie scandinave

Les Nordiques se distinguent peu des Méditerranéens en la matière : la déesse de la maternité est Frigg, épouse d’Odin, le dieu des dieux. À l’instar de Junon et d’Héra, elle personnifie également le mariage, et incarne donc une vision de la mère assez rangée. Elle se distingue de Freyja, déesse de l’amour, qui attend les guerriers morts au combat.

Mythologie celte

Nos ancêtres les Gaulois, pour leur part, ont préféré se simplifier la vie. Pour ce faire, ils ont choisi de prier les Matrones, un trio de divinités féminines protectrices incarnant tout à la fois la vie, la fertilité et la guérison. Avantage notable pour les croyants, elles sont considérées comme un ensemble, ce qui évite d’avoir à mémoriser leurs noms… La chose est étrange puisque l’une des particularités du panthéon celte tient à la grande variété de noms désignant chacun des dieux.



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