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Diastasis des grands droits, le mal méconnu de la grossesse

La grossesse est un moment formidable dans la vie d’une femme, mais extrêmement épuisant et marquant pour le corps. On connaît les dégâts qu’elle peut causer sur le périnée, mais on connaît moins le diastasis : une déchirure de la sangle abdominale. En fonction de sa taille, les conséquences sont lourdes.

 

Que vous soyez une grande sportive ou au contraire une personne peu adepte de crunchs, vous pouvez développer un diastasis des grands droits durant votre grossesse ou après l’accouchement. « Le diastasis des grands droits est une séparation pathologique des muscles grands droits de l’abdomen au niveau de la ligne blanche, la ligne médiane passant par le nombril, définit Peggy Quintin Eschenbrenner, kinésithérapeute.

C’est une pathologie fréquente mais souvent méconnue. » 50 à 60 % des femmes peuvent développer une diastase abdominale lors de leur grossesse ou en post-partum, soit après l’accouchement. Mais il existe certains facteurs de risque – outre la musculature existante ou non des abdos – comme porter des jumeaux ou des triplés, ou avoir plusieurs grossesses, avoir des enfants à plus de 34 ans, accoucher d’un gros bébé, prendre beaucoup de poids rapidement, subir une césarienne...

Savoir si on a un diastasis

Malgré ce que diront les grands-tantes, lorsque le ventre est pointu au-dessus du nombril, cela ne signifie pas que vous attendez un garçon, mais bien que vous avez un diastasis des grands droits. Et à l’inverse, un ventre bien rond ne vous assurera pas une petite fille, mais plutôt que vos abdominaux tiennent le choc. Un exercice simple permet de savoir si vous êtes atteinte de diastase abdominale : « Allongez-vous sur le sol, sur le dos, et relevez légèrement la tête en direction du nombril. Si une bosse pointue se forme, c’est signe d’un diastasis. Avec votre main, vous touchez entre vos abdominaux et si vous sentez un vide entre deux surfaces dures, c’est une rupture de la ligne blanche. Le diastasis peut être confirmé par une échographie. »

Les conséquences

Un diastasis des grands droits de moins de 4 cm de large s’atténuera normalement au fil des semaines après l’accouchement. Pour une diastase plus large, les conséquences sont nombreuses. Outre les problématiques purement esthétiques, le diastasis peut provoquer « des douleurs au niveau du ventre par déséquilibre de pression de la sangle abdominale, des douleurs lombaires (sciatique, cruralgie, lumbago), des problèmes au niveau de la ceinture pelvienne, une baisse de la stabilité du bassin (les abdominaux maintenant le bassin), un dysfonctionnement au niveau du plancher pelvien : incontinence urinaire ou anale avec parfois un affaissement des organes pelviens, dit prolapsus. Ou encore développer une hernie ombilicale. »

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Éviter la diastase

Heureusement, on peut mettre tous les atouts de son côté pour récupérer au mieux. Comme boire beaucoup d’eau, surveiller sa posture en se tenant bien droite, ne pas solliciter ses abdominaux agressivement durant les deux premiers mois après l’accouchement, ne pas reprendre de poids, « veillez à effectuer en premier lieu votre rééducation périnéale chez un professionnel de santé, un kiné ou une sage-femme. Faites de la gymnastique abdominale hypopressive très régulièrement. » La diastase abdominale se rééduque auprès des kinésithérapeutes et, si vraiment tout semble échouer, en dernier recours, si vous ne prévoyez pas de nouvelle grossesse, il est possible de faire appel à la chirurgie. Un acte qui se réalise très bien sur le Caillou : l’abdominoplastie. Dans tous les cas, juste après un accouchement, on évite à tout prix les crunchs, d’autant plus quand on a un diastasis des grands droits. Dans ce cas, « toute activité physique agressive est à proscrire ! On recommande plutôt le Yin yoga, la natation douce, la marche, tout ce qui est cool... »