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Le médecin, acteur clé du sevrage tabagique

Le tabac demeure un fléau inégalé de santé publique qui tue un fumeur régulier sur deux et fait perdre entre 20 et 25 ans d’espérance de vie. À ce titre, il constitue aussi la première cause de mortalité évitable. 

Considérant que les professionnels de santé sont insuffisamment informés et formés, la HAS (Haute Autorité de santé) a récemment fait le point sur les méthodes d’arrêt efficaces ainsi que sur la cigarette électronique. Voici ses recommandations de bonne pratique, adaptées à chaque étape traversée par le fumeur, des premières intentions d’arrêt du tabac jusqu’au maintien de l’abstinence.

Le facteur clé de réussite : l’accompagnement par son médecin traitant

Environ 97 % des fumeurs qui essaient d’arrêter sans aucune aide échouent. L’accompagnement par le médecin traitant doit donc être au centre de la démarche d’arrêt du tabac. La HAS recommande ainsi aux généralistes de dépister le statut tabagique de chaque patient et surtout de conseiller systématiquement l’arrêt du tabac de manière concrète et précise. Interlocuteur privilégié des patients, le médecin généraliste est le professionnel clé pour concrétiser leur souhait d’arrêter de fumer, accompagner et soutenir les fumeurs et empêcher les rechutes. Ce suivi doit faire l’objet de consultations dédiées permettant de délivrer un soutien psychologique, des conseils personnalisés et un suivi médical.

Les traitements efficaces pour arrêter de fumer

L’accompagnement par le médecin traitant peut être complété par des traitements à base de nicotine, tels que patchs, gommes, comprimés à sucer, inhalateurs et sprays buccaux. Ces traitements de première intention seront prescrits et adaptés après évaluation de la dépendance au tabac du fumeur. Certains médicaments ont également leur place dans la prise en charge de l’arrêt du tabac et sont à prescrire en seconde intention.

Quelle place pour la cigarette électronique ?

Au coeur de nombreuses polémiques, la cigarette électronique fait l’objet d’un certain flou dans les recommandations de la HAS : si cette dernière considère en effet que « son efficacité et son innocuité n’ont pas été suffisamment évaluées à ce jour » pour la recommander comme outil d’aide à l’arrêt du tabac, elle lui reconnaît toutefois le mérite de décrocher le fumeur de la cigarette : « du fait de sa toxicité beaucoup moins forte, son utilisation chez un fumeur qui a commencé à vapoter et qui veut s’arrêter de fumer ne doit pas être découragée ». La HAS recommande au patient d’en parler avec son médecin traitant qui lui proposera une stratégie personnalisée et adaptée.

Des outils pour faire de chaque professionnel de santé un acteur du sevrage tabagique

Pour les encourager à mieux s’informer sur les spécificités du sevrage tabagique, des outils pratiques et opérationnels tels que questionnaires, algorithmes, échelles d’évaluation, fiches pratiques… sont mis à disposition des médecins, sages-femmes et de tout professionnel de santé en contact avec des fumeurs. Ces outils doivent leur permettre de devenir des partenaires incontournables de chaque fumeur et de réussir les 4 étapes clés vers le sevrage : dépister la consommation de tabac de leurs patients, évaluer la dépendance et la motivation à l’arrêt, accompagner ce dernier de manière efficace et proposer le meilleur suivi pour prévenir les rechutes.